Economie

Cameroun – Ramadan : Les couturiers sous pression à Maroua

Ils développent diverses astuces pour respecter les délais de livraison des habits de fête.

Visiblement engagés à respecter les délais de livraison des habits de la fête du ramadan, les couturiers de la cité capitale de l’Extrême-Nord ne font l’économie d’aucune initiative pour faire tourner les machines et exercer leur activité menacée par des coupures intempestives du courant électrique. Au marché central de Maroua tout comme dans les quartiers où ils ont installé leurs ateliers, ces tailleurs dont la plupart sont des jeunes ont trouvé diverses solutions palliatives pour confectionner les habits et profiter de l’aubaine qu’offre cette période. «Quand tu exerces un métier pendant plus de CINQ ans, tu es forcément lié à cette activité, et aucune situation sauf cas de maladie ne doit t’amener à changer ce métier. C’est celui qu’on connaît le mieux et comme on le dit la capacité d’un lion se dévoile quand il est pourchassé de partout, et nous sommes aussi les lions de la couture. On se doit de s’adapter, de trouver comment gérer notre activité en ces temps de délestage. Par ce qu’actuellement nous sommes débordés par les commandes de habits de la fête et les délestages persistent toujours» souligne Abdoul Salam Mahamat, promoteur de l’Atelier de couture «Master Couture».

Pour ce styliste modéliste basé au quartier Dougoi à Maroua, la première astuce utilisée est l’adaptation des heures de travail au planning de rationnement en énergie électrique que met à la disposition des consommateurs l’entreprise chargée de distribution de l’énergie électrique. «Notre programme de travail est déterminé chaque dimanche soir après publication du programme des coupures. Si par exemple on coupe de lundi à vendredi de 13h à 19h comme c’est le cas dans notre secteur depuis deux semaines, on s’organise à être à l’atelier en matinée, nous travaillons jusqu’à 13h et en soirée on revient poursuivre le travail et la semaine où le programme de rotation change, nous nous adaptons aussi à la nouvelle programmation» note Abdoul Salam Mahamat.

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A côté du réajustement des heures de travail, certains couturiers ont développé d’autres astuces à même de leur permettre de mener à bien leur activité et d’assurer par là, leur pitance quotidienne. Parmi les solutions palliatives très en vogue chez nombre de tailleurs dans la ville de Maroua, figure le recours aux machines manuelles dont l’utilisation ne requiert pas forcément l’énergie électrique. «La plupart des machines sont conçues pour être utilisées soit manuellement soit avec le courant électrique. En cas de coupure comme c’est le cas ces derniers jours à Maroua, nous démontons juste le dispositif électrique pour n’ utiliser que le système manuel. Certes c’est pénible et ce n’est pas assez rapide comme le système électrique, mais nous n’avons pas le choix. On doit continuer à travailler et grâce à ce système on parvient quand-même à livrer certaines commandes. Les travaux d’envergure sont programmés aux heures où il y a le courant électrique. Le système manuel est fait juste pour nous dépanner, c’est un peu comme le plan B qui nous évite de rester oisif quand on coupe la lumière» fait savoir Hamadou Kaldaya couturier au marché central de Maroua.

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Face aux multiples coupures d’électricité que connaît la ville de Maroua en ce mois de du ramadan, d’autres tailleurs avaient décidé depuis le depuis du jeûne d’installer des ateliers de fortune dans certains quartiers comme Mayel Ibbé ou Koudbao, qui du fait de leurs proximités avec les installations d’ENEO, ne subissent pas les délestages. «Avant je travaillais au marché central, mais depuis un mois, l’activité est perturbée par le phénomène des délestages. J’accumule les commandes non livrées. C’est comme ça qu’un ami m’a informé qu’à Mayel ibbé on ne coupe jamais la lumière. Je me suis renseigné et après confirmation de la nouvelle, j’ai trouvé une chambre libre dans ce quartier que j’ai transformé en atelier. Le mois de ramadan est pour nous un moment pour les bonnes affaires, et on ne doit pas louper une occasion pour mettre à profit cette aubaine» se réjouit Adeline Garssia promotrice d’un atelier de couture au quartier Kakataré. Déterminés à respecter les délais de livraison des habits de fête et conscients que la fin des délestages n’est pas pour demain, les tailleurs de la ville s’adaptent comme ils peuvent pour faire tourner leurs machines.

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