Cameroun: Quand l'eau devient la mort

On ne le dira jamais assez, le taux de couverture du Cameroun en eau potable reste faible. Et les chiffres disponibles l??illustrent à suffisance. Sur l??ensemble du pays, 30% de la zone rurale est alimentée en eau potable, contre 55% des zones urbaines et périurbaines. Pas étonnant dans ces conditions que depuis quatre ans certaines maladies hydriques aient ferait surface. A la mauvaise qualité de l??eau consommée dans le Nord du pays en général, s??ajoute la dispute permanente des points d??eau entre bêtes domestiques et populations. Dans les localités de Yaoundé et Douala, les coupures d??eau sont devenues le lot quotidien des populations dont le désarroi se lit en termes de menace

permanente du choléra qui rode. Dans ces deux principales métropoles du pays, il est courant de vivre des semaines de pénuries d??eau. Les robinets de certains quartiers se sont asséchés depuis parfois un an ou deux. C??est à Yaoundé, le cas d??Olembe à la sortie nord de la ville ou Damase dans le Sud-ouest de la capitale camerounaise.A la vérité, depuis trois décennies, l??approvisionnement en eau des populations n??a pas été un axe majeur de la politique du développement du pays. Le secteur était laissé assez largement à l??investissement des divers partenaires étrangers. Ce qui explique qu??aujourd??hui encore, le gouvernement ne dispose toujours pas d??un cadre juridique unique d??orientation stratégique des activités en matière de gestion de l??eau.En milieu rural, les installations en eau sont payées par les finances publiques, mais la gestion et l??entretien sont laissés à la charge des bénéficiaires. D??où l??ampleur des difficultés de l??accès à l??eau potable en milieu rural. Ici, la gestion et l??entretien des équipements d??eau potable en milieu rural connaissent plusieurs types de difficultés: A l??absence de notion d??intérêt commun, ou du service public, cause d??une gestion défectueuse des installations, s??ajoute le paiement de l??eau qui requiert un changement de culture. D??où, de très nombreuses résistances.Le tout, dans une absence de formation des villageois à la gestion et à l??entretien des installations d??eau généralement mises en place par des partenaires privés dont les confessions religieuses et les Ongs. Le cas du département du Mbam et Inoubou à 120 Km de Yaoundé n??est donc pas isolé. Car, c??est le pays tout entier qui est privé d??eau potable. D??où la nécessité d??initier les populations de Nyamsong qui viennent de bénéficier d??une adduction d??eau à la maintenance desdits équipements. Comme il convient de leur faire comprendre que lesdites installations sont créatrices d??emplois pour l??accompagnement et le suivi des communautés villageoises par les personnes compétentes. Des mesures, si elles ne sont pas prises et mises en oeuvre, vont rapidement produire une fois de plus, l??échec de l??accès à l??eau dans les villages où qui d??autre mieux que les maires à qui la gestion des points a été confiée, peut mieux comprendre les enjeux ? En attendant de voir, ces initiatives inonder le pays, l??eau au Cameroun, c??est la mort.
 

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