Cameroun – Après le vote : les Camerounais stockent par peur des troubles post-électoraux

Camerounais portant un sac de provisions après le scrutin du 12 octobre 2025, symbole de la peur post-électorale.

Les marchés bondés, les boulangeries dévalisées, les stations pleines : depuis la clôture du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, une atmosphère d’inquiétude plane sur le pays.
Craignant des tensions après la proclamation des résultats, de nombreux Camerounais ont décidé de constituer des réserves alimentaires.

« On ne sait pas ce qui va se passer quand les résultats sortiront », confie Mireille, commerçante à Melen.
Alors que le calme semble régner en surface, la peur d’un dérapage social ou politique s’installe silencieusement.

⚠️ Une peur diffuse malgré le calme apparent

À Yaoundé, Douala, Bafoussam et Garoua, la ruée vers les denrées de première nécessité s’est accentuée depuis le lendemain du scrutin.
Les habitants achètent riz, farine, huile, eau minérale, bougies et piles en quantité.

« Nous avons vécu trop d’incertitudes. Tant qu’on n’aura pas entendu les résultats officiels, on préfère se préparer », explique un père de famille rencontré à Bonamoussadi.

Certains commerçants affirment avoir triplé leurs ventes en moins de 48 heures.
Les marchés de Mokolo, Mboppi ou Marché A sont pris d’assaut dès l’aube. Les rumeurs d’éventuelles manifestations ou couvre-feux amplifient la méfiance générale.

🗣️ Des ménages prudents face à l’incertitude politique

Les propos du ministre de l’Administration territoriale appelant à la sérénité n’ont pas suffi à calmer les esprits.
Dans les quartiers populaires, la méfiance s’exprime à voix basse.

« Ce n’est pas qu’on veut paniquer, mais on se souvient de 2008 », glisse un retraité de Ndogbong, en référence aux émeutes liées à la vie chère.

Les boulangers parlent d’un record historique de ventes de pain, tandis que certaines stations-service rationnent déjà l’essence.
Sur les réseaux sociaux, les appels à la prudence alternent avec des rumeurs de troubles, ce qui alimente une psychose collective.

🔍 Une peur qui traduit la fragilité sociale

Selon un sociologue contacté par 237online.com, cette ruée n’est pas anodine :

« Elle traduit une méfiance structurelle envers les institutions et une peur du lendemain politique. Les Camerounais n’ont pas confiance en la stabilité post-électorale. »

Dans certaines zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les forces de sécurité ont renforcé leur présence pour prévenir d’éventuelles manifestations.
Malgré tout, aucune violence majeure n’a été signalée, preuve que la population privilégie pour l’instant la prudence à la provocation.

Le Cameroun retient son souffle dans l’attente des résultats officiels.
Entre prudence, fatigue et peur du chaos, les ménages s’accrochent à l’espoir d’un lendemain apaisé.
Mais la question reste sur toutes les lèvres : la sérénité durera-t-elle après la proclamation finale des résultats ?

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