Politique

Cameroun- Prévarication : Louis Paul Motazé, ses avoirs et sa fortune

L’éditorial du directeur de publication de l’hebdomadaire l’Avenir paru ce lundi 18 mars 2019, se penche sur le cas du ministre des Finances camerounais.

Selon Zéphirin Koloko, directeur de publication de l’hebdomadaire bilingue d’informations générales, l’arrestation d’Edgar Alain Mebe Ngo’o a permis de voir à quel niveau les fonctionnaires se situent dans le pillage des caisses de l’Etat. 448 vestes, 3 milliards récupérés en espèces à sa résidence, un parking d’innombrables véhicules, constituent entre autres choses saisies chez ce dernier. Mais pour certains, cette richesse de l’ancien ministre de la Défense représente juste l’arbre qui cache la forêt même s’il n’est pas le fonctionnaire le plus riche. Parmi les ministres, il y en a qui ont une bonne avance sur lui. C’est le cas de Louis Paul Motazé. Lorsqu’on l’a nommé Dg de la Cnps à l’époque, il a déclaré qu’il ne sera plus jamais pauvre. A sa nomination le 02 mars 2018 au ministère des Finances, c’est le Ruinart qui était utilisé pour se laver les mains dans son domicile. Il est donc possible qu’il ait réussi à amasser aussi bien pour lui-même que pour ses enfants et ses petits enfants. Sans amalgame ni contre-vérités, les images de la célébration de son dernier anniversaire ont révolté tous les camerounais.

Il suffit de parcourir l’entrelacs des réseaux sociaux pour comprendre le niveau d’impopularité de ce membre du gouvernement.

Dans notre rédaction, indique Zéphirin Koloko, « on ne compte pas le nombre de dossiers dont on a été saisi contre ce grand argentier présenté comme le dauphin putatif du président Paul Biya. Précisons bien que de manière statutaire, le Minfi a droit à 400 millions par trimestre. A cela s’ajoutent ces affaires : les sociétés d’Etat bradées, le blocage du projet Tnt qui a créé une brouille entre lui et l’ex-ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, le rapport au vitriole sur sa gestion à la Cnps dont nous avons eu copie et sur lequel nous reviendrons ».

On passe le temps à aller sur le marché de la Beac pour chercher des emprunts obligataires, alors qu’il y a des individus qui peuvent les financer. Non. On est en république. Et la chose publique appartient à de tous les camerounais. Aujourd’hui, vous avez le pouvoir. Mais vous finirez par le perdre. A ce moment là, les Camerounais chercheront à savoir ce que vous avez fait de leur argent.

Mebe Ngo’o a compris qu’on ne peut pas se moquer éternellement d’un peuple désabusé et démuni. Même si son affaire est politique, on finit toujours par être rattrapé par sa gestion. Quant à la théâtralisation des arrestations et des procès depuis le retour de l’opération épervier, elle sert à démentir l’idée qu’il existe une justice de classe. Et si le dignitaire déchu est aussi, pour son malheur, un présidentiable crédible, alors à défaut d’obtenir sa condamnation en droit, l’on l’obtient en réputation. Et le peuple, lui, en redemande.

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Source
Bossis Ebo'o, agencecamerounpresse.com
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