Cameroun: Plus de 50 personnes mortes sur les principaux axes routiers en 1 semaine

Un accident de nuit

L’année 2015 entre dans l’histoire en son début comme étant celle des hécatombes sur les principaux axes routiers du Cameroun. Pas moins de 50 personnes y ont laissé la vie en l’espace d’une semaine. A cette situation, et après le constat de votre journal, le ministre des Transports commet un communiqué. Robert Nkili annonce des sanctions connues et assimilées de tous. L’urgence en matière de sécurité routière est pourtant ailleurs. Martial Missimikim, directeur exécutif de Securoute pense que cinq piliers sont nécessaires pour bâtir une sécurité routière fiable au Cameroun. « La révision des lois, l’audit et l’inspection des routes suivis des réfections nécessaires, la prise des mesures pour rajeunir le parc automobile, le renforcement des centres de contrôle technique et l’éducation à la sécurité routière au niveau des écoles». Comme pour dire que la vague des sanctions après coup et les effets d’annonces ne résolvent pas le problème de fond.
Et sur ce point, les responsables en charge des transports se sont illustrés ces derniers temps par la prise des mesures et contre-mesures en l’espace de quelques heures. Par exemple celle relative à l’interdiction des voyages de nuit ou celle en rapport avec la circulation des gros porteurs en zone urbaine. L’émotion prend trop souvent le pas sur une action qui se doit d’être méthodique et même méthodologique. Sur ce point, l’actuel ministre des Transports passe pour être l’homme des mesures hâtives. Et sans lendemain. Un camion perd ses freins et tue. Le motif est suffisant pour interdire (puis autoriser) ce type d’engins de circuler. Un accident sur la route la nuit, et pan! Ce sont les voyages nocturnes qui en pâtissent.
A chaque situation dramatique correspond une mesure précise, frappée au coin de précipitation, qui finit par s’auto-neutraliser. Le traitement de l’insécurité routière au Cameroun mérite pourtant autre chose que l’ « émocratie » ou la gouvernance de l’émotion.

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