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Cameroun – Perpétuité pour le chef séparatistes : La justice en phase avec le peuple…

Meurtri par plus de trois ans de crise séparatiste dans sa partie méridionale, provoquée par un groupe de terroristes extrémistes se revendiquant d’un Etat fantasmagorique dirigé par le dénommé Ayuk Tabe, le peuple camerounais résolument engagé sur la voix de son émergence, peut désormais faire son deuil.

Hier 20 Août 2019, aux aurores, après près de 15 heures d’audience, le juge Jacques Baudouin Misse Njone et ses assesseurs ont finalement décidé d’une condamnation à vie pour Sisiku Julius Ayuk Tabe et ses neuf co-accusés.

Une décision saluée par l’ensemble de la communauté nationale, qui exulte et particulièrement toutes les victimes des atrocités des régions du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest qui, en ce verdict du Tribunal militaire de Yaoundé, voient leurs plaies pensées, leurs larmes essuyées et n’appellent vive-
ment qu’à un retour à la Paix…

Le verdict est donc tombé, le leader des séparatistes anglophones au Cameroun, Julius Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans ont été condamnés hier matin à la prison à vie par le tribunal militaire de Yaoundé, ont annoncé les avocats de l’Etat et de le défense. «Les dix accusés ont été condamnés à la prison à vie pour terrorisme et sécession notamment», a indiqué l›avocat de l’Etat Me Martin Luther Achet avant que ledit verdict ne soit confirmé par un des avocats des séparatistes, Me Joseph Fru, qui cependant resté muet sur l’éventualité que leur offre le droit camerounais de faire appel de cette décision.

Donné par le juge Jacques Baudouin Misse Njone et ses assesseurs après 15 heures d’horloge d’audience, le verdict qui condamne à la prison à vie les mis en cause est assorti de 250 milliards de FCFA, au titre des dommages subséquents aux préjudices causés à la Nation et de 12,5 milliards d’amende. Ouverte la veille (lundi 19 août 2019) c’est aux encablures de 5h30 minutes mardi matin que le verdict a été rendu.

Après plusieurs heures de perturbations, le juge a rendu sa sentence qui reconnaît coupables les prévenus de dix chefs d’accusation : « apologie
des actes de terrorisme, sécession, complicité d’actes de terrorisme, financement des actes de terrorisme, révolution, insurrection, hostilité contre la patrie, propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat et défaut de Carte nationale d’identité ». Leur conseil a 15 jours pour faire appel.

Pour mémoire, c’est au mois de janvier 2018 que monsieur Ayuk Tabe et ses neuf co-accusés ont été interpellés au Nigéria puis extradés au Cameroun, à la suite d’un mandat d’arrêt signé par les autorités compétentes. Julius Ayuk Tabe est le président autoproclamé de l’Ambazonie, l’Etat que les séparatistes veulent créer dans les deux régions anglophones, dans l’ouest du Cameroun. En 2016, une partie des habitants des provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont commencé à manifester pour demander davantage de reconnaissance de l’Etat central.

Face au refus catégorique des autorités du Cameroun, une partie des séparatistes a pris les armes en 2017 et le conflit entre séparatistes et forces de sécurité a fait, depuis, près de 2000 morts, selon le centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).Soudainement apparue sur la scène médiatique africaine, la silhouette élégante de Sisiku Ayuk Tabe a disparu au bout de quelques mois. C’est en effet le 5 janvier 2018 dans un hôtel d’Abuja au Nigéria que Sisiku Julius Ayuk Tabe, président de l’autoproclamée « République fédérale d’Ambazonie », et neuf autres cadres du mouvement séparatiste touchant les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont été interpellés par des hommes de la Sécurité intérieure nigériane (Department of State Services, DDS).

Julius Ayuk Tabe, charismatique ingénieur informaticien de 54 ans, est respecté dans les sphères anglophones du Cameroun et son procès
qui s’est ouvert en décembre 2018 a été très suivi. Il avait été interpellé avec 46 autres indépendantistes à Abuja, au Nigeria, début janvier
2018 par les services de renseignement nigérians. Ils avaient ensuite été transférés à Yaoundé. Une extradition qui a été jugé illégale par la
justice nigériane en mars 2019.

Fin mai, le leader séparatiste s’est dit disposé à participer à des pourparlers avec le gouvernement, mais uniquement à l’étranger et posant
comme préalable sa libération, ainsi que celle de toutes les personnes détenues dans le cadre de la crise anglophone. Depuis le début du conflit, plus de 530.000 personnes ont quitté leur foyer, selon des chiffres de l’ONU.

La République Presse N°033 du 21 août 2019

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