Cameroun: pendant que le rationnement de l’électricité bat son plein, l’Arsel annonce une hausse des tarifs

Alors que l’électricité est de nouveau devenue une denrée rare dans plusieurs localités du Cameroun, du fait des rationnements dans la distribution observés depuis plusieurs jours, le quotidien privé camerounais Mutations révèle que l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel), a annoncé aux associations de protection des consommateurs, qu’elle a réuni les 13 et 14 mars 2014, qu’une révision à la hausse des tarifs de l’électricité au Cameroun est «inéluctable», et pourrait intervenir dès le 12 avril 2014.[pagebreak]Cette augmentation du prix, apprend-on, devrait concerner uniquement la tarification de la tranche sociale, c’est-à-dire les consommations inférieures ou égales à 110 kilowatts (KW) par mois, qui représente le plus gros lot des abonnés d’AES Sonel, le concessionnaire du service public de l’électricité. Antérieurement facturée à 50 francs Cfa le KW, révèle le journal, la facturation de cette tranche sociale devrait passer à 70 francs Cfa le KW, soit une augmentation de près de 50%.
Comme motif de cette augmentation des coûts annoncée, Honoré Demenou Tapamo, le DGA de l’Arsel, explique que «l’Etat perd plus de 3 milliards de francs Cfa chaque année, du fait des pertes techniques dues au mauvais état du réseau de transport et de distribution, mais aussi à cause des pertes non techniques essentiellement occasionnées à la fois par les abonnés qui ne payent pas leurs factures, et les fraudes orchestrées par les sous-traitants d’AES Sonel». Toutes choses qui augmenteraient considérablement les coûts de production.

Qualité du service médiocre
Autant d’arguments balayés par le Réseau associatif des consommateurs de l’électricité (Race), une organisation de la société civile. «En disséquant la structure du tarif de l’électricité, on découvre que les pertes liées au transport et à la distribution représentent 30 à 40% du prix du KW facturé et payé par les ménages et les entreprises», confie Jean Baudelaire Belengue, le secrétaire général adjoint du Race, qui fait par ailleurs remarquer que «les normes internationales plafonnent la facturation de ces deux types de pertes à 10%».

Sur la question des fraudes, qui occasionneraient d’importantes pertes aussi bien à l’opérateur AES Sonel qu’à l’Etat, Mutations révèle qu’une «enquête de satisfaction sur un échantillon de 10 000 abonnés au réseau électrique réalisée avec la collaboration de l’Institut national de la statistique (INS), et restituée par le régulateur le 24 août 2012, révèle que seulement 3% des abonnés prennent l’énergie hors du système de comptage». Ce qui signifie que 97% des abonnés ne sont pas coupables de fraude.

Aussi, le Race trouve-t-il la hausse des prix envisagée inopportune, surtout que, indique cette association de consommateurs, «combinée aux effets pervers de la pénurie chronique de l’offre, l‘électricité représente environ 20% des charges incompressibles des entreprises et parfois jusqu’à 30% du fardeau énergétique des ménages camerounais, avec en prime une qualité du service d’une médiocrité endémique».

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