Société

Cameroun – Peloton routier motorisé: La corruption roule à vive allure

Le peloton routier motorisé constitue l’un des bras séculiers de la corruption depuis des années à la gendarmerie nationale camerounaise.

Alors question : certains éléments de ce service éjectés lors des dernières affectations à la gendarmerie nationale ont-ils trempé dans cette manipulation ? Esquisse de réponse.

Service stratégique qui s’occupe de la circulation routière sur les grands axes et dans les campagnes, le peloton routier motorisé est une véritable niche de corruption tapie dans l’ombre au sein de la gendarmerie nationale. A en croire nos sources, ce service a particulièrement été touché par les derniers mouvements. Moyen de représentation de l’Etat sur nos routes, le peloton routier motorisé traine l’image d’un service où les automobilistes sont quotidiennement rackettés.

Des gros porteurs en passant par les petites voitures, les taux à débourser par les automobilistes sont connus de tous. Ils varient entre 5000 Fcfa pour les camions transportant le sable, le gravier et autres agrégats, à 3000 Fcfa pour les petits véhicules et les cars de transport. L’argent collecté quotidiennement est réservé à la chaine qui va du commandant de brigade en passant par le commandant de compagnie, le commandant de région et autres hauts gradés. Selon nos sources, même certaines autorités administratives émargent dans ce service qui a réussi à étendre ses tentacules dans les services du Premier ministre et même à la présidence de la République.

Cette pratique est dénommée les « comptes rendus ». On peut aisément comprendre pourquoi ce service qui paie gros a toujours été particulièrement sollicité par les pandores. Certains postes du peloton routier motorisé jugés juteux étaient ainsi achetés à des dizaines de millions de Fcfa. Informé de cette déviance à son arrivée au Sed, Yves Landry Galax Etoga a tenu à faire redorer le blason à ce service. Et ceci apprend-on de bonnes sources, en y apportant beaucoup d’innovations. Il fallait commencer par renforcer les capacités des éléments du peloton routier motorisé à travers un encadrement technique des plus adéquats.

En lieu et place de peloton routier motorisé, on parle aujourd’hui des patrouilles mobiles. Pour tordre le coup à la corruption qui a longtemps terni l’image de ce service, une prime a été instituée pour les meilleurs éléments. Par ailleurs indiquent nos sources, les usagers de la route peuvent aujourd’hui appeler le numéro 1501 pour dénoncer toute tracasserie. Un numéro vert que l’ancien système avait tout fait pour qu’il ne soit pas mis en place. En sevrant ainsi la maffia des « comptes rendus » journaliers, hebdomadaires et mensuels, Yves Landry Galax Etoga ne pouvait que s’attirer la furie des nostalgiques.

La NOUVELLE N° 504 du lundi 9 septembre 2019

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