Economie

Cameroun – Patrimoine: La filière vin de palme taille sa place

La chaine se subdivise en activités génératrices de revenus dans la région du Centre.

A la 4ème édition de la Rentrée culturelle et artistique nationale (Recan) qui se tient à l’esplanade du Musée national, à Yaoundé, du 10 septembre au 1er octobre 2019, la galerie Arts culinaires attire plus de visiteurs. Si on peut d’emblée deviner que c’est pour déguster les délicieux mets camerounais, ce qui n’est pas faux, c’est bien pour un produit tropical : le vin de palme. Mardi 17 septembre, sur la dizaine de tables de sept places chacune, les bouteilles de 33cl de vin de palme rivalisent avec les bières, qu’elles soient importées ou produites localement.

Sur certaines tables, il n’y a d’ailleurs que les bouteilles de vin de palmes et qui se succèdent au fur et à mesure que les contenus finissent dans l’estomac des consommateurs. « Je préfère boire le vin de palme, parce que, non seulement il est de bonne qualité, mais surtout, il est bio. J’exhorte les autorités camerounaises à tout faire pour valoriser le vin de palme. Qu’on le retrouve aussi dans les débits de boissons, et autres lieux où on consomme les boissons », apprécie un consommateur, qui aussitôt décapsule une énième bouteille que vient de déposer une jeune vendeuse.

Brinda Ouandi, étudiante en Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Yaoundé II, fait partie des filles que Lucas Atangana Ateba a recrutées pour vendredi les produits de son unité de production, la Claie des tropiques située à Mbankomo, dans le département de la Mefou Afamba. C’est dans de petits paniers qu’elle porte les bouteilles de vin de palme vers les tables de consommateurs. «Les gens apprécient vraiment le vin de palme embouteillé. Il y en a qui font la commande de deux cartons pour aller fêter chez eux. La bouteille de 33cl coûte 500 Fcfa. La durée de la conservation est de 12 moins sans que le vin change de gout », nous informe-t-elle.

« Le corps humain n’a pas de pièces de rechange. Il faut l’entretenir en mangeant utile », lit-on sur l’es étiquettes des bouteilles de vin de palme, dont la date de consommation court jusqu’en septembre 2020. A en croire l’artisan Lucas Atangana Ateba, « il y a des gens qui savent que le vin de palme, c’est l’aliment locale. Par jour, j’apporte 120 bouteilles de 33 cl et ça finit. Le vin, que je produits, a 2% d’alcool », enrichit-il.

Si à l’esplanade du Musée national, l’on consomme du vin sorti de la Claie des tropique, où le processus de conservation épure le vin de palme du taux excessif d’alcool, des microbes et autres débris, à Mbankomo par contre, c’est du brut, du pétillant, du chaud et du fort que les consommateurs engloutissent dans leurs ventres. Mercredi, 18 septembre, à 7h où le reporter de L’Avenir arrivait sur les lieux, le petit marché était déjà ouvert. Ici, on compte près d’une dizaine de vendeurs, dont la majorité est constituée des femmes, derrière les bidons de de 20l, 35l. Le vin de palme se vend à 200FCfa le demi litre, 400 FCfa le litre et 600 FCfa 1,5l. Chacun joue son rôle. Il y a des cueilleurs de vin de palme, des transporteurs de la brousse vers le centre-ville, des vendeurs et des transformateurs. Des gens qui partent de Yaoundé se ravitailler à Mbankomo pour revendre le litre à 1000 FCfa.

Vin de palme et biodiversité

Xaverie Pascaline, épouse Ahanda, est vendeuse de vin de palme depuis son enfance. « J’achète les palmiers, et mon mari vigne. Mon père vignait, mon mari vigne aussi. Parfois mon mari sort 45l ou 50l. Mais il y a aussi des fois où tu abats 25 palmiers et tu n’as pas 20l de matango, comme tu peux abattre 10 palmiers et tu as peut-être 50l », relate-t-elle. Robert Ngangu, originaire du Nord-Ouest, vit à Mbankomo depuis 15 ans. C’est grâce au vin de palme qu’il nourrit ses cinq enfants, dont quatre vont à l’école. « Ici, on m’appelle Moyo Matango, parce que je suis l’un des cueilleurs du vin de palme. J’abats, je vigne et je vends. Au Nord-ouest, nous aimions grimper le palmier mais quand je suis arrivé ici, j’ai trouvé que les gens abattent les palmiers», témoigne-t-il. S’il est à l’abri de la situation socio-politique qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest, sa prière est que cela finisse. «La guerre n’est pas bonne. Nous prions pour cela. Nous n’avons pas de problèmes ici, nous vivons en frères. Tous mes enfants sont nés ici. Notre président de la République est un homme intelligent. Ce qu’il a dit, il le fera», exhorte-t-il.

Si le vin de palme est omniprésent au centre de Mbankomo, il sort de loin de très loin même à cause de la rareté des palmiers. «Actuellement dans la zone de Mbankomo, les palmiers manquent. Nous allons dans les villages environnant pour acheter les troncs. L’idée de régénérer est là, mais il faut des moyens pour régénérer les palmiers. Quand vous coupez un palmier, il faut le remplacer », pense un cueilleur de vin de palme. « Le palmier américain coût 5000 F et le palmier sauvage coute 1000 f, 2000 f. Le palmier américain donne 15 l et le palmier du sauvage donne 5 à 10l », ajouté Robert Ngangu.

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