Politique

Cameroun: Narcisse Mouelle Kombi est-il à sa place au MINSEP ?

Admiré et loué pour sa maitrise de la langue française, l’emploi des tournures stylistiques et des phrases imagées dans ses discours solennels pendant qu’il était au ministère des Arts et de la culture, le nouveau patron du Sport et de l’éduction physique, depuis le 4 janvier 2019, fait l’objet de vives critiques de la part chroniqueurs et observateurs sportifs camerounais.

Du 4 janvier au 16 juillet 2019, cela fait un peu plus de six mois que Narcisse Mouelle Kombi était arrivé à la tête du ministère du Sport et de l’éducation physique, qu’il fait déjà l’objet des tirs groupés de la part des chroniqueurs et analystes sportifs camerounais. Ce 16 juillet-là, l’annonce du limogeage du couple néerlandais : Clarence Seedorf et Patrick Kluivert, respectivement sélectionneur national et adjoint des Lions indomptables venaient d’être signifiés de leur limogeage par le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) Seydou Mbombo Njoya, après leur contrat signé le 10 août 2018. Et l’un des chroniqueurs sportifs qui s’était montré plus virulent à l’égard du ministre des Sports et de l’éducation physique, est Xavier Messe. « Mouelle Kombi a choisi bizarrement de traîner Seedorf et Kluivert comme des paumés », avait-il titré dans un éditorial. Et d’enseigner : « de la bouffonnerie à haute échelle ! (…) Les avait-il appelés auparavant pour les écouter, les questionner afin de savoir comment ils ont travaillé, de la préparation à la campagne du pays des pharaons ? Quels sont leurs écueils ? C’est cela la « b a ba » en management qu’un ministre est sensé ne pas ignorer ».

C’est que, lors de son passage sur l’émission « Présidence Actu » du 15 juillet 2019, le ministre Mouelle Kombi s’était fendu dans un discours dithyrambique contre l’encadrement technique des Lions indomptables. « Les défaillances, carences et insuffisances de l’encadrement technique, de même que l’incapacité de l’entraineur sélectionneur à maintenir la discipline, la cohésion, à allumer ce fighting spirit cher au Président Paul Biya, expliquent en grande partie l’échec des Lions. (…) La question du maintien de M. Seedorf à la tête de notre sélection est clairement posée. Il ne me semble pas que cette question puisse trouver raisonnablement, au regard de toutes les circonstances que j’ai évoquées, une réponse en termes de reconduction. (…) Son maintien me parait donc, comme à beaucoup de Camerounais, problématique. J’ai demandé à M. le président de la Fecafoot de le lui signifier, conformément aux stipulations pertinentes du contrats ». Et ce que va appliquer le président de la Fecafoot, le lendemain, suite à la sortie prématurée, par le Nigéria, de l’équipe nationale des 8ème de finale de la 32ème édition de la Can égyptienne.

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La défaillance managériale que Xavier Messe imputait au ministre des Sports et de l’éducation physique réside dans le fait que bien avant le départ pour l’Egypte, le climat dans la tanière était déjà pollué. Les joueurs avaient exprimé leur ras-le bol pour leurs primes qu’ils jugeaient minables. Et ce n’était pas la faute à l’encadrement technique. Et ici, le ministre des sports ne voyait pas sa responsabilité dans ce climat délétère dans la tanière. Et « le fait de limoger les sélectionneurs est-elle la potion magique pour les prochaines victoires ? », s’interroge-t-on. La sagesse ne voudrait-elle pas qu’on soigne le mal depuis la racine que de saupoudrer la blessure ? Une façon de dire que le limogeage de Seedorf et de Kluivert n’augure surement pas les lendemains qui chantent au sein de l’équipe fanion.

Depuis le 20 septembre dernier, le ministre des Sports et de l’éducation physique a recruté un nouveau sorcier blanc au banc de touche des Lions indomptables. Le Portugais Antonio Toni Conceiçao Da Silva Oliveira a-t-il eu, entre autres, pour mission d’étouffer les velléités de revendications des primes qui ont toujours cours chez les joueurs appelés en sélection pour discuter les compétitions internationales ? Si la réponse est oui, alors, on peut envisager les lendemains meilleurs pour Antonio Toni Conceiçao. Mais si les mêmes causes produiront les mêmes effets, Antonio Toni Conceiçao devra déjà se préparer à plier bagages à la première sortie des Lions indomptables à la prochaine Coupe d’Afrique des nations.

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Mais jusqu’à quand les pouvoirs publics camerounais comprendront-ils que l’on ne peut rester à la cime de la gloire éternellement ? Et s’il doit en être le cas, les autres pays ne devront plus jamais accepter de disputer les compétitions, car elles seront d’emblée remportées par le Cameroun. Et comment des personnes jugées dignes de sagesse n’arrivent pas à comprendre que l’échec prépare les prochaines victoires ? L’entraineur des U-23, le Camerounais Thomas Libye vient d’essuyer un revers de la part du président de la Fecafoot pour l’élimination à la Coupe du monde de leur catégorie. Si le Cameroun veut être éternellement champion dans toutes les catégories et dans toutes les compétitions. Qu’il prépare donc les victoires. Ce qui est loin d’être le cas. On fait une préparation bâclée et on est surpris des échecs le moment venu, pour enfin se venger sur les sélectionneurs à qui on ne donne pas les marges de manœuvres.

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