Société

Cameroun – Moïse Loyem : De tailleur à masseur traditionnel

Cet « orthopédiste » s’investit depuis trois décennies dans le traitement des fractures et des traumatismes issus des accidents de travail ou de circulation.

Moïse Loyem est l’espoir de nombreux patients victimes de fractures fermées ou ouvertes et de traumatismes crâniens après des accidents de travail ou de circulation. Installé au centre urbain de Penka-Michel, juste à un jet de pierres de l’hôpital de district de la ville depuis plusieurs années, ce guérisseur traditionnel revendique être un spécialiste des os. Sa clinique traditionnelle s’est vue attribuer l’appellation de « clinique du bonheur » par de nombreux patients, venus de nombreux hôpitaux et de différentes localités du pays. Les malades de ce centre confient en majorité avoir été orientés par ceux qui y ont trouvé satisfaction. D’autres ont été plutôt orientés de manière informelle par certains professionnels de santé après des traitements non concluants pendant de nombreux mois dans les hôpitaux classiques.

Dans cette clinique en terre battue, qui a une capacité d’une vingtaine de lits, construite avec des revenus issus de son activité, ce tradi-praticien aujourd’hui âgé de 65 ans consacre ses journées à la prise en charge des nombreux patients depuis 1990. « J’ai commencé ce travail depuis la période des villes mortes. Vous savez que pendant cette période, les malades, encore plus les accidentés n’avaient pas la possibilité d’aller à l’hôpital. Ma maman orthopédiste traditionnelle recevait déjà les patients à domicile. Moi, déjà tailleur, j’ai eu le don divin de mener la même activité. C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à cette activité. Mais c’est plus tard que je vais complétement abandonner la couture afin de me consacrer à sauver des vies comme vous le constatez », a-t-il confié.

Natif de Bambi dans le groupement Balessing, arrondissement de Penka-Michel, cet homme de taille moyenne se sert de la kola qu’il mâche et crache sur la partie du corps malade afin de masser à la main. « C’est un travail inspiré de Dieu. J’utilise simplement mes mains pour masser les malades. Je masse les malades à l’aide des gants avec la kola. Il s’agit d’une kola ordinaire qui se vend partout. C’est un don divin. Je ne sais que sauver des vies. Ma prière c’est de voir mon séjour sur terre être prolongé pour le bonheur des patients de plus en plus nombreux », explique cet orthopédiste traditionnel. Dans sa clinique, certains enfants issus de son mariage polygamique se frottent déjà à cette activité, à la satisfaction des patients. Ces derniers se réjouissent de la relève déjà assurée. « Certains de mes enfants s’intéressent déjà à ce que je fais. Je pense que ceux que le Seigneur va inspirer à s’investir dans cette activité ne manqueront pas de quoi manger quel que soit l’endroit où ils se trouveront. D’ailleurs, certains le font déjà dans d’autres villes», s’est-il réjoui. Pour être plus professionnel, Moïse Loyem s’est fait former auprès de son défunt frère, infirmier, sur les notions de base dans la prise en charge des cas de blessures.

Aurélien Kanouo

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