Cameroun – Mesures sécuritaires: Les exploitants de débit de boisson boudent le préfet du Mfoundi

Ils estiment que la décision de fermer leur commerce à 19 heures doit être reconsidérée, et continuent de tourner à plein régime.C’est en principe depuis mardi dernier que la mesure visant la fermeture des débits de boisson et des snacks au plus tard à 19 heures est supposée être effective. Et pourtant il n’en est rien. L’une des mesures sécuritaires prises par Jean-Claude Tsila, le préfet du Mfoundi à la suite des récents attentats suicides de Maroua, connait un refus. Durant les nuits de mardi à mercredi, et de mercredi à jeudi, les deux premiers jours de l’application de ladite mesure, la plupart des buvettes ont fonctionné au-delà de 22 heures. A Mini-ferme au quartier Melen, les habitués des virées nocturnes dans les bars et les cabarets, n’ont pas capitulé. Comme d’ordinaire, les amateurs d’alcool, surtout pour bon nombre qui aiment la fête, n’ont pas boudé le plaisir des notes musicales et de l’atmosphère festive qui monte généralement d’un cran à partir de 20 heures. «[i] Ce n’est qu’en soirée que nous pouvons trouver le temps pour se retrouver entre ami[/i] », lance un client. Ici, bien qu’il soit 20 heures et quart, les débits de boisson situés en face du Centre hospitalier universitaire à Yaoundé continuent de jouer de la musique. Les chaises disposées à l’entrée de ces lieux de beuverie, sont en majorité occupées. A l’exemple de Mini-ferme, les itinéraires Poste centrale-Mvog-Ada, Mobil Essos-Hôtel du plateau ou encore Mobil Omnisport-Ngousso, qui regorgent d’importants sites de vente des boissons alcooliques et gazeuses continuent de tourner à plein régime. « Il est difficile de devoir fermer, au moment où nous sommes censés faire des entrées. A la vérité la matinée est une période morte, nous ne faisons pratiquement par de recette. Par contre dès la tombée de la nuit, la clientèle qui se recrute dans toutes les classes sociales, s’agrandit considérablement», souligne Emmanuel. D’après ce tenancier d’un snack-bar au quartier Essos, fermer à 19 heures, c’est faire mourir son activité. A Emonbo, l’on est loin de coopérer. Fabrice propriétaire d’un bistrot, n’entend pas fermer son commerce à moins de 21 heures. La présence des éléments de la police qui patrouille dans la zone, est pour lui un moyen suffisant de protection. « [i]C’est vrai que la menace de Boko Haram pèse sur le pays, et que nous recevrons des clients dont nous ignorons très souvent leurs identités. Mais il ne faut pas que cette situation soit l’occasion pour nos autorités de prendre des mesures difficile à respecter. D’autant plus que c’est à travers cette activité que je nourris ma famille[/i]», rouspète-t-il. Il propose par ailleurs que le délai de fermeture soit fixé à 21 heures. Or du côté de la préfecture du Mfoundi, l’on apprend que les forces de l’ordre seront davantage mises à contribution pour que cette mesure soit respectée.

[b]Luc Justin Kamguia, 237online.com[/b]

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