Cameroun – Mécontentement : Les enseignants vacataires se réveillent

enseignants clochardises

Un collectif des enseignants vacataires du Cameroun vient de saisir le Chef du gouvernement, d’une lettre pour réclamer un statut particulier. Bien tard, s’étonnent les observateurs.

Dans le cafouillage qui a cours actuellement dans certains établissements scolaires publics, les enseignants dits vacataires viennent de jeter un pavé dans la mare. Dans une lettre au Premier ministre ce 28 février 2022, le Collectif des enseignants vacataires du Cameroun (Cevcam) qui dit être constitué « pour la plupart des diplômés de l’enseignement supérieur et des instituteurs (qui) exercent dans les lycées et collèges publics et privés du Cameroun, sans statut véritable » demande au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour régulariser leur situation. « Nous sommes les enseignants à part entière dont le seul tort est de n’avoir pas intégré la fonction publique », souligne les signataires de la requête, qui demandent l’établissement d’un contrat de travail et des facilités. Notamment « réglementer le paiement de nos salaires au moins à 150.000 F sur une période de 12 mois au lieu de 15.000 à 50.000 sur une période de 8 à 9 mois comme c’est le cas ; un système de contractualisation automatique des enseignants vacataires après cinq ans sur le terrain afin de nous garantir un emploi stable ; la mise sur pied d’une division chargée des enseignants vacataires au Minesec afin de gérer leurs problèmes de carrière ; un arrêté sur l’affiliation et la contribution de la sécurité sociale pour les vacataires par les établissements dès le recrutement ; une mise à disposition des vacataires des primes de documentation, d’allocation familiale… par les établissements dès le recrutement ».

Ce regroupement de personnages qui font l’objet de toutes les railleries dans les villages alors qu’ils sont pourtant les principaux acteurs de l’activité pédagogique rappelle les dispositions de l’article 61, alinéa 2 du Code du Travail, qui stipule que « A conditions égales de travail, d’aptitude professionnelle, le salaire est égal pour tous les travailleurs, quels que soient leur origine, leur sexe, leur âge, leur statut et leur confession religieuse ». Trop peu et trop tard, estiment leurs collègues fonctionnaires, qui pensent que ces vacataires sont peu réalistes et eux-mêmes à l’origine du manque de considération dont ils sont l’objet. « Imaginez s’ils cessaient d’enseigner pendant deux mois. La plupart des lycées cesserait de fonctionner et du coup, leur recrutement serait assuré par l’Etat », juge Georges T., un ancien proviseur. En effet, il n’existe presque plus d’établissement scolaire actuellement au Cameroun qui fonctionne avec le seul personnel de l’Etat. Très souvent, en zone rurale, ces vacataires sont les plus nombreux. Sauf qu’ils sont payés par les frais d’Apee et parfois des élites généreuses. « Sachez que nous serons obligés d’enterrer la craie si aucune mesure favorable n’est prise à notre égard. Mais nous n’allons pas en arriver là car nous savons compter sur votre diligence dans la prise en charge de nos revendications », tentent-ils de menacer.

Cela intervient alors qu’une vague de jeunes enseignants frustrés, connus sous la bannière du Collectif des enseignants indignés du Cameroun avait secoué le pays pour les questions de mauvaise prise en charge et qu’un mouvement plus diffus mais grandement suivi, dénommé « On a trop supporté (Ots) », pousse le gouvernement à négocier depuis une semaine sur la gestion des actes de carrière. Mais les observateurs rappellent que lorsque le gouvernement a initié, il y a quelques années, un recensement pour connaître l’ampleur du phénomène des vacataires et envisager une éventuelle contractualisation, ces derniers se sont précipités à Yaoundé pour chercher les réseaux. Et certains y ont laissé de sérieuses plumes. Comme ils l’ont refait avec une certaine fédération nationale des Apee qui avait promis de les recruter et de les imposer aux lycées et collèges.

S. M. / 237online.com

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2 thoughts on “Cameroun – Mécontentement : Les enseignants vacataires se réveillent

  1. Je suis aussi un enseignant vacataire au lycée de sabongari dans le département de français.Titulaire d’un master2 en littérature.Aidez-moi à redéfinir mon statut.

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