Sport

Cameroun: Mbombo Njoya-Semengue ou l’impossible paix des braves

Sommée d’appliquer la sentence du Tribunal arbitral du sport dans l’affaire qui l’oppose à la Ligue de football professionnel du Cameroun, la
Fédération camerounaise de football tente de trouver des stratagèmes pour « mettre hors d’état de nuire », le général d’Armée, devenu un « colis encombrant » aux yeux de ses « bourreaux ».

Enterrer la hache de guerre ? Non, merci ! La paix n’est pas pour demain. Le feuilleton du bras de fer qui oppose la Fécafoot à la Lfpc à travers leurs deux présidents, n’est pas prêt de livrer son dernier épisode. Ceux qui ont prédit une accalmie suite à la décision du Tas du 14 septembre dernier,déclarant illégale la suspension de l’instance en charge de l’organisation et de la supervision du football professionnel au Cameroun, vont vite se raviser. Le conflit latent entre les deux belligérants continue de plus belle, se nourrissant chaque jour, de nouveaux et sulfureux rebondissements qui en rajoutent au caractère suffisamment belliqueux des rapports qui lient les deux personnalités sous les feux des projecteurs depuis un an déjà.

Une semaine seulement après l’appel au calme et au respect de la Loi tel que souhaité et instruit par Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports et de l’éducation physique, rien n’a visiblement changé. Les positions se radicalisent ; les clans s’enflamment au grand dam du foot-ball qui en paie le lourd tribut. La preuve par 7 avec les résolutions de l’assemblée générale de la Fécafoot du 25 septembre dernier à Yaoundé. Suspendu pendant un an par la Fecafoot, Pierre Semengue bénéficie d’un sursis de huit mois à la tête de la Lfpc.

C’est ce qu’a décidé la Fécafoot au terme de cette Ag que beaucoup ont assimilé à une Ag de règlement de comptes en rapport à la massue préparée pour s’abattre sur le vieux soldat devenu aux yeux des administrateurs de la fédération comme un « colis trop encombrant » dont il faudrait s’en débarrasser au plus vite. En clair, le mandat de ce dernier court jusqu’au 30 juin 2021 avant de nouvelles élections à la Ligue. Et comme pour ne rien arranger, la maison mère du football camerounais a décidé de nommer sous 72 heures, le secrétaire général et le directeur des affaires financières de la Ligue chargés d’organiser les championnats de première et deuxième division du Cameroun. Une manière implicite de prouver que la Lfpc n’est ni plus ni moins qu’une simple excroissance de la fédé qui garde sur elle, toute son autorité et donc son pouvoir. De quoi provoquer l’ire du héros du 6 avril 1984. Lui qui, contestant cette décision, estime que la Fécafoot en éternel récidiviste, continue de violer les textes de la Fédération internationale de football association (Fifa) et les recommandations de l’Etat.

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Limitation d’âge

Quelques heures avant ce énième bras de fer, c’est le Comité exécutif de l’instance faîtière du football camerounais qui s’est réuni les 24 et 25 septembre dernier à l’effet de trouver une solution à la crise. Au terme des travaux, Mbombo Njoya et ses camarades ont décidé de la mise en œuvre de la décision du Tas. Mais étant donné que le mandat de Pierre Semengue est forclos depuis le 26 juillet 2020 et qu’en raison des nouveaux textes de la Fécafoot, qui fixent désormais une limitation d’âge (75 ans) pour diriger les organes de cette instance, il a été conclu un gentleman’s agreement. Dans les faits, l’accord prévoit que le général, âgé de 86 ans, bénéficie d’une prorogation de mandat jusqu’au 30 juin 2021. Cependant et ainsi que le prévoient les statuts de la fédération, un secrétaire général de la Lfpc sera nommé par le président de la Fécafoot dans les 72h qui suivent la réunion du Comité exécutif. De même, le président de la Lfpc est tenu de convoquer une assemblée générale élective dans les 30 jours qui suivent la session, afin de procéder au remplacement des membres du conseil d’administration de la ligue ayant perdu leur qualité.

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Echec politique

Au sortir de ce conclave, Semengue, qui avait marqué son accord aux résolutions sus évoquées à travers sa signature, a servi à tout le monde un unième volte-face comme lui seul en a le secret. «Je ne suis pas d’accord avec ces résolutions. Je suis un militaire et j’ai des renseignements de ce que, après avoir échoué sur le plan politique, on veut utiliser le sport, notamment le football, pour déstabiliser le Cameroun», argue-t-il eu micro de nos confrères de cameroon-info.net. Lui qui déclare ne s’en tenir qu’à la sentence du Tas et aux prescriptions du ministre des Sports, accusant au passage la Fécafoot d’avoir usé de faux pour apposer sa signature sur les résolutions.Dans la foulée, l’assemblée générale de la Fécafoot, qui se tenait au même moment que le général Semengue faisait ses déclarations, a donné mandat au Comex de tirer toutes les conséquences en cas de non application par le président de Lfpc des décisions prises par le Comité exécutif. En d’autres termes, l’hypothèse d’une nouvelle suspension de la Lfpc ou même d’une radiation n’est pas exclue. Chaud devant !

Christian TCHAPMI

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