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Cameroun – Maroua: Les enfants mendiants prolifèrent :: Cameroon

Ils font partie du décor dans les rues de la capitale régionale de l’Extrême-Nord.
Tôt le matin et à longueur de journée, des milliers d’enfants mineurs, calebasse ou assiette à la main font la manche.[pagebreak] Par tous les temps, pieds nus et visages couverts par les traits d’une vie dure, ces pauvres hères pour la plupart inscrits dans les écoles coraniques écument les commerces, les banques, les pharmacies, les mosquées, les lieux de restauration, les gares routières et autres points de grand rassemblement. Rien n’empêche ces intrépides enfants de quémander piécettes et nourriture pour ramener leur pitance à leurs maîtres.
D’une manière prosaïque, les «talibés» sont des élèves apprenant essentiellement le coran. Loin, de leurs parents, ils sont placés sous la responsabilité entière de leurs maîtres coraniques. Dans les écoles coraniques de Maroua, on retrouve des apprenants venus de Kousseri, de Mora, de Waza et même des pays étrangers (Tchad, Nigeria, Niger et Solidan). Abandonnés par leurs parents et confiés à des maîtres dont la première identité remarquable est le dénuement matériel, ces apprenants tout en étudiant doivent se battre au quotidien pour chercher leur ration quotidienne. L’épreuve est terrible pour ces jeunes qui ne bénéficient pas d’une scolarisation publique et sont exposés aux multiples déviances que véhicule la rue.
Le phénomène qui dans ses manifestations s’assimile à la traite des enfants prend de plus en plus de l’ampleur dans la région de «l’Extrême-Nord en général et dans la ville de Maroua en particulier. Il est difficile aujourd’hui de l’enrayer tant ses origines sont souterraines et ses initiateurs, tapis dans l’ombre, y font du business. L’organisation de l’école coranique, pour la plupart du temps en plein air ou sous un arbre, avec un maître qui vit lui-même de la charité, constitue en elle seule la source du phénomène. Venus apprendre un savoir spirituel, les « talibés » finissent par être de petits voleurs et des délinquants.

A Maroua, la plupart d’entre eux sont passés maîtres dans l’art de voler les chaussures, les petits objets facilement transportables dans les maisons. On les voit régulièrement adopter des comportements belliqueux qui se traduisent par des disputes, des querelles et des bagarres. Ils sèment souvent du désordre lors des rassemblements (repas de noces, baptêmes, distribution des vivres, etc.) en se disputant la nourriture servie aux invités. Pour ceux qui viennent d’ailleurs, le retour en famille après la fin de l’apprentissage du coran n’est pas certain.

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Maroua constitue alors pour eux une ville de transit, la destination finale étant le Sud du Cameroun. Pour l’heure, les actions des pouvoirs publics pour contenir ce phénomène restent encore timides.

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