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Cameroun – Marches: Le MRC parle de 200 arrestations, le gouvernement de 85, dont 54 déjà libérées

Le gouvernement et le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun s’affronte autour des chiffres des arrestations relatives aux manifestations du 8 juin 2019 à Yaoundé.

Entre le gouvernement et le MRC, c’est la guerre des chiffres. A l’issue des rassemblements du 8 juin 2019 à Yaoundé, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a avancé le chiffre de 200 interpellations. «Deux cent personnes au moins, sous réserve du décompte final en cours, ont ainsi été arbitrairement et brutalement arrêtées sur divers sites de la ville», avait indiqué Olivier Bibou Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto, le leader du MRC.

Faux, rétorque le gouvernement. En revenant sur cette actualité, Cameroon Tribune, le journal gouvernemental, en kiosque ce 12 juin 2019 affirme que le ministre de la Communication (MINCOM) «rétablit la vérité». Une affirmation qui sous-entend qu’il y a eu mensonge au départ.

En effet, dans une série de tweets publiés le 11 juin, René Emmanuel Sadi, MINCOM dément les chiffres du MRC. «66 individus ne se réclamant d’aucun parti politique interpellés par la police: 43 libérés. 19 individus appréhendés par la gendarmerie: 11 libérés», renseigne le porte-parole du gouvernement.

Au total, selon le gouvernement, ce sont 85 personnes qui ont été arrêtées au cours des marches blanches de samedi dernier dans la capitale camerounaise. Un chiffre qui est trois fois inférieur à celui du MRC. Toujours selon le gouvernement, 54 des personnes interpellées ont déjà été remises en liberté. «Les autres le seront après les procédures d’usage», précise René Sadi.

Dans cette bataille de chiffres, difficile de savoir où se situe la vérité. Il faut cependant noter, selon le propre aveu du gouvernement, que 66 personnes qui ne se réclamaient d’aucun parti, (et donc pas du MRC), ont été appréhendées par la police. On se demande bien la raison pour laquelle elles ont été arrêtées. Et pourquoi certaines restent en détention quatre jours plus tard. De son côté, le MRC qui avait habitué la presse à fournir des détails sur les arrestations de ses militants, s’est montré peu disert cette fois.

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