Société

Cameroun – Marche commando : 400 km à braver pour les 1168 futurs soldats du Bir

Avec le top départ de l´épreuve de la dernière étape de leur formation, qui a été donné à la base de Man O’ War Bay à Limbe le 5 septembre dernier et qui va durer 11 jours, pour intégrer définitivement ce corps d’élite.

Après plusieurs mois de formation, les 1168 futurs commandos du Bataillon d’intervention rapide (Bir) de la cuvée 2021, ont entamé depuis le 5 septembre dernier, la dernière étape de leur apprentissage. Phase déterminante pour les postulants, afin de pouvoir intégrer définitivement les rangs de cette unité d’élite créée en 2001 par décret présidentiel, en lieu et place du Bataillon léger d’intervention (BLI).

La marche commando se fait sur une distance de 400 km, en 11 jours, avec une charge de 50 kg sur le dos. Pour les instructeurs de cette promotion, seuls ceux qui iront jusqu´au bout seront retenus. « Nous partons avec les recrues, nous rentrons avec des soldats. Ne pourront devenir des soldats d’élite que ceux qui vont aller jusqu´au bout de l´épreuve », indiquait le commandant Bir de Limbé. Rendu à ce jour, les commandos ont déjà effectué la moitié du parcours à savoir 200 km, et vont faire 200 autres pour le retour, pour un total de 400 km. « Ils sont arrivés au niveau de Ngwa juste avant Nkongsamba dans la Moungo, et vont faire demi-tour pour Man O´Bay pour Man O’ War Bay », indique une source militaire.

Un parcours difficile et qui laisse des traces avec des cas d´hypertonie, mais qui sont pris en charge rapidement par le staff médical, afin de permettre aux candidats victimes, d´être sur pied et de repartir rapidement. « Après ma prise en charge, je me sens mieux, prêt à reprendre le chemin, déterminé à terminer le parcours pour aller défendre les couleurs de la Patrie », précise une recrue, victime d ́hypertonie, qui est une exagération permanente du tonus d’un muscle, entraînant une raideur et une difficulté à mobiliser les articulations. A chaque escale, des camps de fortune sont installés, à l’effet de permettre au groupe de souffler, afin de recharger les batteries, avant la prochaine étape de 35 km chacune en 10h.

Les missions du Bir se sont largement étendues depuis sa création. Forts de plusieurs milliers d’hommes, d’un matériel de guerre polyvalent terre, mer et air, et d’un entraînement adéquat, les éléments du Bir occupent à ce jour un rôle de premier plan dans la défense du territoire. À Bakassi, depuis 2009, c’est le Bir dit Delta, avec l´opération Delta, assure la sécurité et la protection du territoire contre les actes de piraterie, rançonnage et sabotage de tous ordres. Le Bir Delta dispose d’un bâtiment de guerre, des chaloupes et embarcations, des radars, d’un hélicoptère et d’un bateau-hôtel (Rio Del Rey). Il bénéficie également du soutien de l’armée de l’air qui surveille la zone avec deux avions. Les Forces Marines Commando, les nageurs de Combat et le Bataillon spécial Amphibie aident aussi le Bir dans cette tâche.

En mai 2014, en réaction à une situation catastrophique face à Boko Haram, un nouvel état-major qui met en place le commandement opérationnel pour le nord du pays est nommé et le Bir est envoyé en renfort aux côtés des unités classiques. Aujourd’hui, c’est avant tout le Bir qui est en première ligne dans l’extrême-nord contre Boko Haram. Le Bir se déploie sur quatre plans, la sécurisation de la presqu’île de Bakassi, la lutte contre les coupeurs de route et Boko Haram, une présence de chaque région militaire et la sécurité présidentielle.

Moïse Moundi

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