Cameroun : L’Ordre des médecins sévit, les fausses ordonnances bientôt hors-jeu !

Ordre National des Médecins du Cameroun

C’est une petite révolution qui se prépare dans le secteur médical camerounais. Dès le 1er juillet 2024, seules les ordonnances respectant des critères stricts seront honorées dans les pharmacies du pays. C’est ce qu’a annoncé l’Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC) dans un communiqué qui a fait l’effet d’une bombe. Désormais, pour être valides, les ordonnances devront être établies sur un papier en-tête comportant la dénomination de la formation sanitaire, les noms et prénoms du médecin, sa spécialité, son adresse complète, et surtout son numéro d’inscription à l’Ordre. Une mesure choc qui vise à lutter contre le fléau de l’exercice illégal de la médecine, qui gangrène le système de santé camerounais. Pour ne rien manquer de l’actualité brûlante de la santé au Cameroun, une seule adresse : 237online.com, votre site d’info de référence.

Fini le temps des ordonnances de complaisance

Cette décision, qualifiée de « salutaire » par l’ONMC, va mettre un coup d’arrêt brutal à une pratique très répandue : les ordonnances de complaisance. Jusqu’ici, il était en effet très facile de se procurer des médicaments sans passer par un médecin agréé. Il suffisait de se rendre dans certaines officines peu scrupuleuses, et d’obtenir les précieuses prescriptions moyennant quelques billets. Un trafic juteux, qui entretenait une automédication sauvage et dangereuse pour la santé publique. Avec ce nouveau dispositif, ces pratiques frauduleuses devraient rapidement disparaître. Les pharmaciens n’auront d’autre choix que de vérifier scrupuleusement la conformité des ordonnances, sous peine de s’exposer à de lourdes sanctions.

Les « faux médecins » dans le collimateur

Mais cette mesure ne vise pas seulement à assainir les pratiques des officines. Elle entend aussi et surtout s’attaquer à la racine du mal : ces « faux médecins » qui pullulent dans le pays, et qui n’hésitent pas à prescrire des traitements sans avoir la moindre compétence pour le faire. Guérisseurs traditionnels reconvertis, infirmiers jouant aux apprentis sorciers, voire simples charlatans… Ils sont nombreux à s’improviser médecins, au mépris de la loi et de la santé de leurs « patients ». En imposant des ordonnances nominatives et traçables, l’ONMC espère mettre hors-jeu ces praticiens illégaux. Car sans accès aux précieux sésames pharmaceutiques, leur business risque vite de péricliter.

Les médecins agréés devront s’adapter

Cette réforme, aussi nécessaire soit-elle, ne va pas sans susciter quelques remous au sein de la communauté médicale. Car elle va obliger tous les médecins agréés à revoir leur façon de prescrire. Fini le temps des griffonnages improvisés sur un bout de papier. Désormais, chaque praticien devra se doter d’un ordonnancier en bonne et due forme, répondant aux « canons universellement connus de la profession ». Un changement de culture qui risque d’en irriter certains, mais auquel il faudra bien se plier. L’ONMC a d’ailleurs invité tous les médecins régulièrement inscrits au tableau de l’Ordre à se mettre rapidement en conformité. Une façon polie mais ferme de leur signifier que l’heure n’est plus à la fantaisie.

Une révolution sanitaire, mais à quel prix ?

Si cette réforme promet d’assainir en profondeur le secteur médical camerounais, elle soulève aussi quelques inquiétudes. Certains redoutent qu’elle ne restreigne drastiquement l’accès aux soins, dans un pays où le recours aux « faux médecins » et à l’automédication reste le lot quotidien de nombreux habitants, faute de moyens ou d’accès aux structures de santé officielles. D’autres craignent une flambée des prix des médicaments, les officines risquant de répercuter sur les clients le manque à gagner lié à la fin des ordonnances de complaisance. Autant de questions qui devront être prises en compte par les autorités sanitaires, afin que cette révolution ne se fasse pas au détriment des patients les plus vulnérables. Mais une chose est sûre : le Cameroun s’apprête à tourner une page sombre de son histoire médicale.

Par Rodrigue Mboua pour 237online.com

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