Cameroun – Loisirs : Un camp inclusif pour enfants avec autisme

Sophie Ngambi-Mbog

C’est une initiative de Sophie Ngambi-Mbog, communicatrice de formation, qui se consacre aujourd’hui à la rééducation des personnes souffrant des troubles autistiques.

Ici au camp de vacances situé au groupe scolaire les Piverts, Ahmed, 8 ans, passe ses journées et s’amuse à cœur joie. Ce vendredi par exemple, le garçon atteint d’autisme tient le manche de la guitare et appuie sur ses cordes pour faire sortir le son. C’est l’instrument qu’il a préféré parmi le piano, la flute, le balafon et la percussion. Il est 13h. Autour de lui, Yohan, atteint également d’autisme, danse au son des balafons que jouent leurs deux autres petits copains étant assis. A côté d’eux, il y a un encadreur. Les autres font la sieste dans la salle d’à côté. En cette période de vacances, ils ne s’ennuient pas. Entre les activités ludiques (la musique, l’art plastique et le sport) et les activités de rééducation, Ahmed et ses copains se divertissent de lundi à vendredi, de 8h30 à 16h ; ce depuis le 20 Juillet. Et jusqu’au 17 août, le rythme sera le même.

L’initiatrice de ce projet s’appelle Sophie Ngambi-Mbog. La communicatrice de formation, est aujourd’hui, experte en question de troubles autistiques. Cette première édition de camp de vacances se tient à l’intérieur de la classe spéciale qu’elle a ouverte en septembre dernier pour les enfants victimes des troubles autistiques. Entourée des tout petits, elle affirme que l’objectif de ce camp de vacances de quatre semaines est de soulager les parents ; mais surtout de continuer la prise en charge des enfants atteints d’autisme en rajoutant des éléments ludiques. Détentrice d’un background sur la question, Sophie Ngambi-Mbog estime que les cours de musique classique adaptés permettent d’éveiller la curiosité des tout petits. Et comment ? Elle l’explique : « Avec un enseignant à leur côté, ces cours de musique permettent aux enfants atteints d’autisme d’apprendre les premières notes comme : Do, ré, mi, fa, sol, la et si ; pour d’autres qui ne parlent pas, on fait correspondre les couleurs aux notes».
A travers cette colonie de vacances, Sophie Ngambi-Mbog et son équipe d’encadreurs prennent le temps d’observer chaque enfant, afin de détecter ses difficultés et d’apporter des solutions. «Au milieu d’autres enfants et avec notre concours, nous aidons ceux qui apprennent à parler à formuler des phrases. Il faudrait qu’ils acquièrent l’autonomie. C’est une sorte de remédiation scolaire pour les enfants qui balbutient. Le but est de les préparer à la prochaine rentrée scolaire », précise la promotrice.

A côté de cela, des spécialistes comme : le psychomotricien, l’orthophoniste mettent également du leur à ce camp de vacances. Parce qu’il est bon de le savoir, la psychomotricité, selon des spécialistes, assure la réadaptation de l’enfant et son l’autonomie ; simplement parce qu’elle s’intéresse aux troubles neuromoteurs des différents profils d’autisme et à leur développement. De la même manière que l’orthophonie permet d’établir des relations sociales et joue un rôle sur le comportement des enfants souffrant de l’autisme.

Parmi la vingtaine d’enfants présents actuellement au camp de vacance, il y a des enfants « normaux » ou sains. Et c’est voulu ainsi par Sophie Gambi-Mbog, qui a choisi l’éducation inclusive. Elle veut favoriser le vivre-ensemble. « Des camps de cette envergure seront encore organisés au mois de décembre, en mars à pâques et pendant les prochaines grandes vacances », projette-t-elle.

Guillaume Aimée Mete

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