Société

Cameroun: Les populations de Yaoundé sous le joug de la canicule

Après une saison de pluie qui a joué les prolongations, la capitale subit depuis quelques semaines, les affres d’un début de saison sèche qui annonce de nombreux désagréments.

Il fait chaud, très chaud, trop chaud à Yaoundé ces derniers temps. Et tout le monde transpire. « Mais pourquoi je transpire donc tant ? », s’exclame Xaviéra Etoundi dans un taxi qui l’a transporté du quartier Nkolbisson, dans le septième arrondissement de Yaoundé, pour le quartier administratif de la capitale politique du Cameroun, ce samedi 28 novembre 2020, aux environs de 11heures. Comme tous les Yaoundéens, l’assistante de direction dans une entreprise de la place souffrirait de la vague de chaleur qui frappe la ville de Yaoundé. Et qui dit chaleur, dit transpiration. « En pleine nuit, je me réveille complètement trempé, c’est l’horreur », témoigne Christophe Belinga, dans le même véhicule. Seule solution pour lui : prendre des douches. « C’est l’enfer, si tu te couvres, tu transpires encore plus ». Dans la journée, le plus compliqué pour lui tient dans le choix de la chemise idéale. « Je ne porte plus les chemises en tissus comme le synthétique. Elles sont bannies dans ma penderie. Pour le moment, je privilégie la chemisette ample en coton de couleur claire », raconte Christophe, cadre au ministère de la justice. Bref, comme tout le monde en ce moment, Christophe souffre de la chaleur.

Tout le monde transpire, tout le temps. Il s’agit même d’un assez bon signe de vie : la transpiration aide à maintenir notre température corporelle à 37°. En moyenne, en saison sèche comme pluvieuse, notre corps produit 0,5 litre de sueur par jour. Mais quand certains semblent rester secs en toute occasion, d’autres se transforment en véritable fontaine dès que le mercure grimpe. Pour l’observatoire national de la météorologie, « nous sommes en pleine saison sèche, et cette vague de chaleur obéit au calendrier climatique du Cameroun. Il faut boire beaucoup d’eau pour éviter d’être déshydraté », rassure le service de la météorologie. Les populations de Yaoundé prennent certaines mesures pour s’adapter à l’environnement climatique, à leurs corps défendant quelquefois. Pour tous, la réhydratation est vivement conseillée. Tandis que certains mettent un accent particulier sur la vaccination en ce qui concerne la méningite, la rougeole, etc. D’autres prennent d’assaut les magasins de vente de ventilateurs et autres climatiseur, selon leurs moyens.

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47 °C à l’ombre à l’Extrême-Nord

La partie septentrionale du Cameroun est la plus exposée aux fortes chaleurs durant la saison sèche, de novembre à avril. Une période au cours de laquelle les habitants rivalisent d’ingéniosité pour échapper à la canicule. Dans la région de l’Extrême-Nord, le mercure peut frôler les 47 °C à l’ombre. Pour se protéger, les habitants « n’ont pas changé leurs habitudes depuis des décennies », rapporte Daïrou Hamidou, journaliste.
Pendant la journée, sous les acacias qui bordent les rues et les cours des maisons, les populations se rafraîchissent à l’aide d’éventails traditionnels en plumes de canards ou en paille. Par contre, certains prennent du thé. Pendant cette période, ils ont l’habitude de boire du thé. Ce thé traditionnel, véritable suc que l’on réduit sur un réchaud de charbon, est servi mousseux, en trois fois, comme le veut la coutume. Le premier « amer comme la mort », le deuxième « doux comme la vie » et le troisième « sucré comme l’amour ». Il se révèle un véritable allié pendant les périodes de canicule.

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Les sahéliens savent depuis longtemps qu’un tel breuvage facilite la sudation et hydrate le corps tout en le rafraîchissant. Une fois la nuit tombée, ils dorment le plus souvent à l’extérieur sous des « danki », ces auvents ouverts aux quatre vents, étalant leur natte à même le sol sablonneux. Dans les villages les plus reculés, établis sur des terres désertiques, certains passent même la nuit près des points d’eau. Ce qui ne va pas sans conséquences pour les populations. La saison est propice aux maladies climato-sensibles telles que la conjonctivite, la grippe, l’asthme, les maladies respiratoires, la rougeole, la méningite, la bourbouille et autres rougeurs qui sont les plus visibles, flagrantes et symptomatiques du climat actuel. Leurs vecteurs profitant de l’environnement climatique actuel pour prospérer. Sans oublier les phénomènes de transe qu’on rencontre dans nombre d’établissements scolaires, et le paludisme. Et en cette période de grande chaleur, il est aussi conseillé d’éviter des exercices physiques poussés.

Elvis Serge NSAA

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