CORONAVIRUS AU CAMEROON
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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Société

Cameroun: Les populations de la région de l’EST à la merci du coronavirus

Les masques bon marchés proposés par des commerçants ambulants sans aucun contrôle préalable n’offre aucune garantie de sécurité.

Face à la courbe croissante des cas testés positifs dans la région, (42) une attention mérite également d’être attirée sur la vente ambulante des produits de première nécessité de lutte contre le Covid-19. Que ce soit dans les marchés de Bertoua où dans d’autres localités de la région du soleil levant, il est coutumier de voir des commerçants ambulants vendre des gants, des masques et parfois des gels hydroalcooliques dont on ignore l’origine. Ces produits sont exposés à l’air libre, au soleil ou sous la pluie à certains clients qui se permettent même à les essayer. « Il faut faire attention à ces masques que vous achetez au coin de la rue. Il peut vous transmettre la maladie si plusieurs personnes l’ont manipulé et ne l’ont pas acheté avant vous », met en garde un médecin. En effet, certains vendeurs demandent à leurs potentiels clients de les essayer pour voir si elles ont de l’allure. Or, ce qui apparait comme une approche commerciale met en danger d’autres potentiels clients. « Imaginez-vous ce à quoi les gens sont exposés si de potentiels clients testent et ne les achètent », fait remarquer une cliente au marché central de Bertoua. « Faire essayer ces masques chirurgicaux industriels, les laisser toucher sans protection fait peser un gros risque aux autres. Ce n’est même pas seulement le coronavirus, il y a bien d’autres maladies. Puisqu’en asseyant, on laisse sa sueur, peut-être sa salive, la saleté, etc. », tranche Olivier Zalang, un personnel médical qui appelle à une rigoureuse réglementation de ce commerce. Si les masques en tissus sont lavables et réutilisables, ceux chirurgicaux ne le sont pas. D’où la mise en garde de ce personnel médical. « La situation est grave. Si on dit de laver les mains, c’est parce que le Coronavirus passe par les mains. Maintenant, si au bord de la route on se met tous à toucher et à essayer les masques, etc. imaginez la suite ». Aux autorités locales de voir comment réguler cette activité qui s’est créée sur les pas morbides du coronavirus et facilité par la pénurie de ces produits désormais très recherchés.

Dans la plupart des pharmacies de la ville de Bertoua, les stocks de masques médicaux sont presque épuisés. Seuls les gels hydroalcooliques sont disponibles. Ceux de la marque Marco coûtent 6000 francs Cfa. Une petite fortune. Cette rupture fait le bonheur des petits vendeurs ambulants comme Abdoulaye qui propose des masques douteux à 500 francs Cfa. « Depuis la recommandation obligatoire du port du masque par le premier ministre pour se prémunir du Coronavirus, la demande est trop forte ». Aussi incroyable que cela peut paraître, les masques sont portés par les potentiels acheteurs avant d’être vendus, s’ils correspondent à leurs attentes. Il peut donc arriver qu’un client se fixe tous les masques sur le visage avant de s’en offrir un ou plusieurs de ces accessoires que vendeurs ambulants promènent à l’air libre.

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Gagne-pain

En raison de la rareté des masques médicaux, l’écoulement des protections alternatives se révèle être un bon filon. De nombreux tailleurs et marchands ambulants de la région de l’Est ont fait de la vente de ces produits leur gagne-pain. Les promoteurs de ces masques dits alternatifs n’ont pas sollicité l’autorisation des pouvoirs publics pour se lancer dans la fabrication. Certains ont définis leur propre norme. « Pour s’assure de l’efficacité de nos masques nous les testons au préalable avant leur mise en vente. On actionne un briquet devant chaque masque, puis on souffle. Si la flamme ne s’éteint pas, cela montre que l’air ne traverse pas le tissu. Le virus non plus », rassure Bakary, couturier au marché central de Bertoua. Il dit s’être inspiré des normes définies par le centre Hospitalo-universitaire de Grenoble en France lors d’une émission télévisée. Pas de temps à perde pour ce couturier Sénégalais dont le cliquetis des ciseaux et le vrombissement des machines de son atelier offrent un concert sonore stimulant. Avec dextérité, ce tailleur fabrique plusieurs lots de masques par jour.

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Ange-Gabriel OLINGA B.

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