Société

Cameroun : Les inondations dictent leur loi à Douala 5ème

Catastrophe naturelle. Les maisons, lieux de commerce et chaussées ont été inondés à la suite d’une pluie qui s’est abattue jeudi 16 septembre 2021.

Il est déjà 11 h ce jeudi 16 septembre 2021. Il n’est toujours pas aisé de circuler sur l’axe Rond-point Maetur-Sable dans le 5ème arrondissement de la ville de Douala. Les véhicules forment plusieurs files et avancent à pas de tortue sur cette route inondée. Le trottoir n’existe plus. Un policier dépêché pour réguler la circulation essaye tant bien que mal de s’y atteler. Il est visiblement submergé. Il a les pieds dans l’eau. Il tient une bouteille d’eau minérale dans une main. De l’autre, il ordonne aux voitures d’avancer dans l’ordre. Au bout de quelques minutes, l’agent des forces du maintien de l’ordre décampe. La vie reprend peu à peu sur cet axe routier qui a piégé les usagers de la route en début de matinée.
Selon les témoignages, seuls les véhicules surélevés, les camions notamment, pouvaient s’aventurer pour dompter l’eau sortie de son lit pour gagner le trottoir. Les plus courageux des piétons ont dû monnayer pour se faire transporter sur le dos. Mais pour la plupart des usagers, la meilleure option restait celle de la voie de contournement. «J’habite au quartier Bonamoussadi et je fréquente au lycée d’Akwa. Le matin en allant à l’école, j’ai dû emprunter une moto qui a évité de passer par le 2ème pont Mbanya. Nous avons contourné par Bépanda. J’ai payé en tout 400 au lieu de 250 Fcfa comme d’habitude», se plaint Raphaël Nitcheu, un élève. Si la circulation a repris en mi-journée, les séquelles de l’inondation sont encore visibles ici. Les employés des commerces alentours sont à pied d’œuvre pour nettoyer l’eau boueuse. La trace dessinée sur le mur indique la hauteur des eaux.

«Nous sommes les principales victimes. A chaque fois qu’il y a inondation, nous enregistrons des pertes énormes. Des appareils électriques, du ciment et d’autres marchandises se détériorent», se désole Francis Lowe, le responsable d’une quincaillerie située non loin du 2ème pont Mbanya. Il dit avoir déjà perdu des millions dans ces inondations. Francis indique une pièce où des tas de marchandises avariées du fait des inondations ont été stockées. Près du pont, c’est un garage automobile qui est inondé. Les voitures y nagent presque. Le cours d’eau a également trouvé un lit dans un quartier voisin. Les maisons établies au quartier Sable, derrière l’hôtel Joanes, sont restées inondées jusqu’après 12 h. Ici, la hauteur des eaux a atteint les 1,5 mètres si on s’en tient aux traces sur les murs. «L’eau arrivait à la poitrine des personnes grandes de taille. Des enfants n’ont pas pu aller à l’école», indique François, un habitant. Son domicile est inondé comme toutes les ruelles et autres maisons de ce quartier de Douala 5ème.

Marée haute et mauvais drainage

Un autre riverain, topographe de formation, croit savoir ce qui est à l’origine de ces inondations. Il relève que l’averse qui a duré environ trois heures n’est pas la raison première. Pour lui, c’est surtout la marée haute et le mauvais drainage qui doivent être indexés. « Toutes les eaux de la zone Nord débouchent à Mbanya Sable et le quartier n’a pas été drainé. Ces eaux des autres zones sont orientées vers le seul lit qui n’a pas été drainé. Ici est un point de chute et nous sommes dans la plaine », explique notre expert du jour qui indique que la pluie a cessé vers 5h et la montée des eaux a été enregistrée dès 6h du matin. Pour le topographe, il y a également ces buses posées par le Génie militaire qui sont plus hautes que le niveau de l’eau. Il n’oublie pas ces habitants qui ont construit des maisons sur les drains.
Les usagers de la route, au lieu-dit Ancienne décharge au quartier Makèpè-Missokè, toujours dans l’arrondissement de Douala 5ème, ont également été piégés par les eaux. Le « pont cassé » a cédé. Une partie de cet ouvrage provisoire, long de plusieurs mètres, qui sert à la traversée a été emportée par le courant des eaux. Les maisons riveraines au cours d’eau ont également été inondées. Situation pareille au lieu-dit Bonabo. Aucune perte en vie humaine n’a été signalée dans cette autre catastrophe naturelle qui a dicté sa loi dans cette partie de la ville de Douala jeudi 16 septembre 2021.

Mathias Mouendé Ngamo

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