Société

Cameroun : Les hôpitaux de référence de Douala malades

Constat fait par une délégation de députés en visite parlementaire dans la région du Littoral depuis le début de la semaine.

Les députés Albert Dooh Collins, Joshua Osih, tous membres du Bureau de l’Assemblée nationale, Elise Pokossy Doumbè, députée de la circonscription du Wouri Est et Marinette Ngo Yetna, élue de la Sanaga Maritime ne se sont pas tourné le pouce au cours de leur séjour dans la capitale économique. Ils ont été mandatés par le président de l’Assemblée nationale, à l’effet de toucher du doigt, l’état des infrastructures sanitaires et les plateaux techniques des hôpitaux publics. En ligne de mire, des formations sanitaires publiques dites de première et deuxième catégorie que compte la ville de Douala.

Ces élus de la nation, à l’image de leurs homologues et collègues, disséminés dans les autres régions pour les mêmes missions, ont passé en revue, les infrastructures sanitaires de l’hôpital Gynéco-obstétrique de Yassa, hôpital Général de Douala, avant de mettre le cap sur l’hôpital Laquintinie, où la boucle a été bouclée. Toutes choses qui rentrent dans le cadre du plan triennal d’urgence, riche de 100 milliards Fcfa. Sur l’objet de la mission, Albert Dooh Collins, qui conduisait la délégation des parlementaires qu’accompagnaient les délégués régionaux des Marchés publics, de l’Economie et de la planification et de l’aménagement du territoire, sans oublier les top managers des hôpitaux inspectés, s’est mis à table. «Il s’est agi pour les députés de descendre sur le terrain pour faire un suivi-évaluation du plan d’urgence triennal, voir si les plateaux techniques et les infrastructures sont en adéquation avec la catégorisation que nous avons faite des hôpitaux, première catégorie et deuxième catégorie».

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Vétusté

De l’aveu des députés approchés par la presse nationale, il est bon de saluer les efforts du gouvernement faits dans le sens d’améliorer le quotidien des populations. Ce d’autant que les députés avouent avoir un regard particulier sur les secteurs de la santé et de l’éducation, en raison de leur caractère sensible. Dans le même temps, cela n’occulte guère des efforts à redéployer pour gommer certains dysfonctionnements et satisfaire certains besoins pressants. A ce traité de chapitre, à l’hôpital Général de Douala, alors que les parlementaires étaient encore à inspecter les infrastructures et plateaux techniques, une panne d’eau était signalée en service d’hémodialyse. Grace à la diligence des responsables de ce service, tout est rentré dans l’ordre. Bon à savoir, les malades d’insuffisance rénale ont souvent soufflé le chaud et le froid, lorsque les pénuries de kits de dialyse, sont à l’ordre du jour, ou quand il y a rupture de stocks de certains consommables de dialyse. Pis encore au moment où des générateurs tombent en panne du fait de leur vétusté.

Toujours à l’hôpital Général de Douala, le service d’Oncologie et radiothérapie, qui s’occupe de la prise en charge des personnes atteintes de cancer, connaît une situation des plus déplorables. Selon Dooh Collins «la pompe à cobalt est pratiquement en fin de potentiel. Si rien n’est fait, cette structure d’oncologie va être arrêtée. Et si elle est à l’arrêt, c’est de nombreux malades de cancer qui sont en difficultés et risquent leur vie». A vol d’oiseau de l’hôpital Général, un autre hôpital de référence. L’hôpital Gynéco-obstétrique de Yassa. Quelques dysfonctionnements sont notés. Entre autres, l’absence de chambres individuelles pour des malades qui sont entassés dans des chambres collectives alors qu’ils dépensent des fortunes pour recevoir des soins.

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Manque d’infirmiers

Idem pour l’hôpital Laquintinie, réputé autrefois, une foire commerciale dès la guérite centrale de cette formation hospitalière. Certains usages imposaient aux malades de payer des consultations et soins dès l’accueil. Et c’est ici que des malades étaient aussi détournés en direction des cliniques. Depuis le magistère du professeur Noël Essomba, directeur de l’hôpital Laquintinie de Douala, ces pratiques sont caduques. Le concept de «bon vert» a été mis en route et permet à tout patient, indigent ou pas de se faire traiter dès qu’il est au sein de cette structure. Seulement, l’un des rares hôpitaux du pays disposant de 128 médecins spécialistes de divers domaines, est en proie à un besoin criard d’infirmiers. Des sources dignes de foi, parlent de 500 infirmiers qui manquent cruellement à Laquintinie. Bien évidemment, ces insuffisances et besoins ont été enregistrés par les parlementaires en visite à Douala, lesquels ont promis, interpeller le gouvernement à l’effet de les corriger selon l’ordre des priorités.

ALAIN NJIPOU

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