Cameroun : Les familles des victimes de Ngarbuh attendent toujours justice

Ngarbuh drame

Deux années après les incidents de Ngarbuh ayant causé la mort de 22 personnes et plusieurs blessés, la procédure judiciaire ouverte devant le tribunal militaire piétine à cause de plusieurs difficultés.

Au tribunal militaire de Yaoundé, le procès de l’affaire Ngarbuh ouvert depuis décembre 2020 est toujours à l’audition des témoins du ministère public. Parmi les personnes qui ont déjà été entendues devant la barre il y a le Fon de Ntumbaw dans l’arrondissement de Ndu, sa majesté Nfor Mohammed. Cette autorité traditionnelle avait retracé le film d’horreur qui a coûté la vie dans la nuit du 13 au 14 février 2020 à 22 personnes constituées en majorité des femmes enceintes et les enfants. Ce 14 février 2022, marque le deuxième anniversaire du ce massacre. Deux ans après la survenance de ce drame, justice n’a toujours pas été rendue aux victimes. La procédure judiciaire pendante devant le tribunal militaire de Yaoundé se heurte à plusieurs difficultés. Les renvois incessants des procès sont justifiés entre autre par l’absence des témoins de l’accusation, l’absence des moyens financiers pour assurer le déplacement des victimes du Nord-Ouest pour Yaoundé.

Les familles des victimes sont également confrontées aux problèmes de sécurité. Car compte tenu de la crise socio-politique qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, plusieurs victimes n’ont pas voulu témoigner devant le tribunal par crainte de représailles. Face à cette procédure judiciaire, trois éléments des forces de défense sont écroués à la prison militaire de Yaoundé depuis plus d’un an. Ils comparaissent pour coaction de meurtre, incendie et destruction, violence sur femmes enceintes, violation de consignes. L’interpellation de ces suspects est intervenue à la suite de la publication des résultats de l’enquête. Cette enquête initiée par le président de la République au lendemain du « massacre » avait établi la responsabilité des forces de défense camerounaises sur ce drame qui avait suscité colère et indignation.

Deux ans après ce drame, les acteurs de défense des droits de l’homme s’inquiètent des lenteurs judiciaires autour du procès ouvert devant le tribunal militaire. Me Amungwa Tanyi, avocat au barreau du Cameroun défend plusieurs victimes dans l’affaire Ngarbuh. Pour cet avocat, la procédure judiciaire ouverte depuis décembre 2020 ne pourra pas réparer le préjudice subi par les familles des victimes compte tenu des irrégularités observées dès le début de cette procédure.

La dernière audience a eu lieu le 20 janvier dernier. La prochaine audience quant à elle est prévue ce 17 février 2022.

Prince Nguimbous / 237online.com

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