Cameroun : Les commerçants de Mbouda mécontents

Ville de Mbouda

Ils ont envahi la préfecture du chef-lieu du département des Bamboutos afin de dénoncer des magouilles diverses des agents de la commune.

Les commerçants du marché central de Mbouda sont contre la méthode de recouvrement des taxes et autres impôts qui leur est imposée par les agents de la mairie de Mbouda dans les Bamboutos. En effet, ils ont envahi l’esplanade de la préfecture de Mbouda le lundi 3 janvier afin de manifester leur ras-le-bol. Cette manifestation intervient ainsi après la pose des scellés sur des boutiques dans ce marché par les agents communaux le 31 décembre dernier. Selon leurs déclarations, le problème repose sur la question de l’impôt libératoire et l’occupation anarchique des vérandas. Ils disent être assujettis au paiement de ces espaces selon la réorganisation des secteurs de commerce. Engagés à rompre avec cette pratique, ces acteurs du marché central de Mbouda ont réussi à rencontrer le préfet des Bamboutos à travers la manifestation de leur mécontentement. François Franklin Etapa, face à ces « visiteurs mécontents », leur à demander de vaquer à leurs occupations en attendant sa descente dans ce marché afin de toucher du doigt les réalités. C’est avec les assurances de l’autorité administrative que ces derniers ont mis un terme à ce mouvement de contestation en promettant de poser des barricades sur la route si des solutions concrètes tardent à être mises en application pour stopper la saignée.

Dans un communiqué rendu public après ce mouvement d’humeur, le préfet fait savoir qu’à la requête du maire de la commune de Mbouda, il vient de « mettre sur pied une commission mixte (préfecture/mairie/gendarmerie) chargée de procéder à un réexamen minutieux de toutes les opérations de recouvrement des taxes communales récemment effectuées par une équipe mixte (impôts/mairie de Mbouda) soldée par les résultats en demi-teinte ». De ce communiqué signé du préfet des Bamboutos, on apprendra que cette opération « coup de poing » faisait suite aux nombreux errements et récriminations observées sur le terrain, notamment au marché central de Mbouda, et marqués par « le non paiement des taxes par les exploitants des boutiques appartenant à des responsables de la mairie (exemption illégale au paiement de l’impôt libératoire) ; l’arnaque récurrente des commerçants dudit marché par des personnes non identifiées et non détentrices d’un ordre de mission ; de l’établissement des quittances portant des montants inférieurs aux sommes effectivement déboursées par les commerçants ». L’exemple de la quittance de 10.000Fcfa contre un versement en espèces de l’ordre de 80.000F tel que dénoncé par les commerçants, a été pris en illustration par l’autorité administrative dans son communiqué.

« La conclusion des deals entre certains commerçants et les agents chargés du recouvrement, avec pour conséquence les minorations récurrentes du taux réel à payer ; le phénomène des quittances parallèles… sont des stratagèmes mis en œuvre par les agents se réclamant du fisc mais dont bon nombre en réalité n’ont aucun lien juridique avec l’administration parce que, soit ont atteint la limite d’âge depuis belle lurette, soit profitent simplement de leur statut de collaborateurs occasionnels de l’administration pour arnaquer les commerçants, avec la complicité active de certains agents véreux de la mairie de Mbouda, pourtant régulièrement confrontée à une tension de trésorerie préjudiciable à l’atteinte des objectifs de développement socio-économique, y compris le règlement des salaires des personnels », a décrit François Franklin Etapa. Il relève « qu’une seule journée de travail de la commission a permis de mesurer l’ampleur des dégâts causés par cette mafia qui constitue une véritable offense à l’intérêt général qui demeure la raison d’être de l’Etat et des Collectivités territoriales décentralisées ». Il a par ailleurs invité les commerçants dont les boutiques ont été scellées, de se rapprocher de la commission « à toutes fins utiles ».

Aurélien Kanouo / 237online.com

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