Cameroun – Déclaration : Plus d’unités de production en braille

écriture brailles

C’est l’une des recommandations de la Commission des droits de l’homme du Cameroun à l’occasion de la journée mondiale de cette écriture pour malvoyants.

Environ 600 000 personnes au Cameroun ont une déficience visuelle et près de 150 000 d’entre elles ne peuvent pas lire de leurs yeux. Parmi ces personnes, moins de 2 000 seulement sont capables de lire le braille. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 1,2 % de la population totale de l’Afrique est aveugle, soit environ 16,7 millions de personnes (selon les données Worldomètre du 2 janvier 2022). La cataracte en est la principale cause. Elle est à l’origine de 36 % des cas de cécité. Ces statistiques sont contenues dans la déclaration de la commission des droits de l’homme du Cameroun (Cdhc) à l’occasion de la journée mondiale du braille qui s’est célébrée hier, 04 janvier. Cette journée a été instituée pour sensibiliser sur l’importance du braille comme moyen de communication pour la pleine réalisation des droits humains des personnes aveugles et malvoyantes.
La Commission des droits de l’homme du Cameroun a saisi cette opportunité pour dresser un état des lieux. Elle observe que les personnes vivant avec un handicap en général, celles aveugles et malvoyantes en particulier sont victimes de discrimination à tous les niveaux de la vie, et que la majorité d’entre elles rencontrent des difficultés à l’école, car elles n’ont pas accès au matériel nécessaire pour développer leur intelligence.

Plus de 90 % de tous les documents publiés ne sont pas accessibles aux aveugles ou aux malvoyants dans les pays en développement à l’instar du Cameroun. Seulement environ 7 % desdits documents sont disponibles dans des formats qui leur sont accessibles tels que le braille. La Commission relève que le manque de livres en braille et d’enseignants compétents en la matière est à l’origine du faible niveau d’éducation et des difficultés qu’éprouvent les personnes aveugles et malvoyantes pour devenir indépendantes. Elle regrette que dans le contexte de la pandémie de Covid-19, les aveugles et les malvoyants soient exposés à un risque plus élevé de contamination en raison d’un accès limité à l’information quant aux directives et précautions à prendre pour se protéger et enrayer la propagation de cette pandémie.

Fort de tous ces constats, la Cdhc formule plusieurs recommandations. Elle demande à l’Etat de faciliter l’accès des personnes handicapées dont les aveugles et les malvoyants aux moyens de communication et d’information, notamment par la création d’un plus grand nombre d’unités de production en braille pour transcrire en braille et en gros caractères ou en éditions audio, à des tarifs avantageux, les informations à diffuser ainsi que d’autres outils didactiques. Elle conseille que les enfants soient initiés au code braille afin de les sensibiliser aux différences avec les autres, ainsi qu’aux besoins et contraintes liées à la condition des aveugles et des malvoyants. Les familles doivent aussi jouer leur partition en offrant à leurs enfants aveugles ou malvoyants une éducation au même titre qu’à leurs enfants voyants.

Même si beaucoup reste à faire, la Commission des droits de l’homme du Cameroun souligne quelques actions posées par le gouvernement en faveur de la promotion de l’utilisation du braille. On peut citer la ratification le 5 octobre 2021 du traité de Marrakech, qui entre en vigueur ce jour, 05 janvier 2022, au lendemain de la célébration de la journée internationale du braille. Il facilitera l’accès aux œuvres publiées pour les personnes aveugles, malvoyantes ou incapables de lire les imprimés. Aussi, la ratification par décret présidentiel le 28 décembre 2021 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées qui renforce l’importance du braille comme essentiel dans le contexte de l’éducation, de la liberté d’expression et d’opinion ainsi que de l’inclusion sociale. A saluer dans le même ordre, les organisations gouvernementales, celles de la société civile et les particuliers qui ne ménagent aucun effort pour améliorer la vie des aveugles et des malvoyants en créant des écoles spécialisées et inclusives pour les enfants ayant des besoins éducatifs spéciaux, en formant des enseignants, en mettant en place des centres pour la production et la transcription de livres en braille et en offrant une assistance humanitaire aux aveugles. La création des écoles primaires et normales intégrées a été autorisée, notamment l’école primaire Louis Braille et l’école de formation des enseignants par l’Ong Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (Cjarc). Un centre multimédia inclusif doté d’équipements modernes et offrant des services tels que l’édition et la transcription en braille a été mis en place par le Cjarc. Il a été inauguré le 2 décembre 2020 par le ministre des Postes et Télécommunications.

Cécile Ambatinda / 237online.com

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