Cameroun : Les Boko Haram vident les territoires camerounais.

Fuyant les frappes de la secte Boko Haram, l??exode des populations camerounaises résidant dans les villages frontaliers au Nigéria gagne de l??ampleur.L??ombre de la secte antioccidentale ne cesse de hanter les esprits des citoyens camerounais vivant les villes et villages frontaliers au Nigéria. Depuis l??entame de la dérive sanglante des adeptes de cette secte qui a obligé le président nigérian Goodluck Jonathan à fermer certaines frontières, les Camerounais paient le lourd tribut au propre comme au figuré  : D??abord la fermeture des frontières est venue paralyser les activités socio-économiques dont les Camerounais continuent de subir les conséquences.Ensuite, c??est le spectre de l??insécurité qui plane désormais sur la population résidant les villes qui longent les frontières. Laquelle insécurité est due à des attaques à répétition de la

secte Boko Haram au niveau de Banki et Maïduguiri pour ne citer que ceux-ci. Plus de mal que de peur, est désormais le vécu quotidien des Camerounais qui partagent les mêmes frontières avec ce géant d??Afrique qu??est le Nigéria. C??est que La flambée des frappes de ces sectaires au niveau des frontières ces derniers jours a emporté le sommeil des citoyens dont certains n??ont eu de choix que de s??évader. La ville d??Amchidé en est une parfaite illustration.
Amchidé autrefois, célèbre et véritable carte postale, objet de toutes les convoitises et réputée comme le poumon économique de la région de l??Extrême-Nord, est aujourd??hui l??ombre d??elle-même. On dirait plutôt une ville fantôme ! Les quelques 15 000 âmes qui vivaient paisiblement cette ville, ont commencé à déserter en catimini pour se refugier dans les autres villes de la région de l??Extrême-Nord. Cette désertion au fil des jours est due à des insurrections et des frappes des Boko Haram qui semblent avoir pris en otage ces villes nigérianes sus-citées faisant au passage d??énormes victimes.
Ce groupe religieux marginal dopé par la misère ne cesse de semer le chaos ces derniers jours au niveau des frontières. Il ne se passe plus une semaine sans qu??on ne parle d??une frappe revendiquée par cette secte. L??une des plus meurtrières frappes causant 17 morts côté nigérians et 3 côté camerounais fut en date du 10 avril dernier. Depuis lors, Banki, ville nigériane située à un jet de pierre d??Amchidé est devenue un véritable bastion des Boko Haram qui opère presque toute les semaines. Et les Camerounais d??Amchidé écope sans nul doute, comme pour dire que « quand Banki tousse, s??enrhume » Ce qui favorise le transit des hommes vers de nouvelles terres.
Depuis lors, les frappes de Boko Harama ont mis un bémol aux activités dans cette partie du pays. La ville d??Amchidé semble être chaque soir sous couvre-feu à chaque fois que la ville voisine, Banki est pris en otage. Les tirs de canons à quelques 500 mètres de cette ville, sème la terreur chez la population. Pour tout visiteur qui arrive ces derniers jours, et surtout à une certaine heure de la soirée à Amchidé, le constat est clair. C??est un silence de deuil qui côtoie la ville. On dirait que personne n??habite plus cette ville.
Mettre sa famille ou se mettre soi-même à l??abri. Telle est la décision prise par bon nombre de Camerounais vivants à Amchidé, victime des bombardements de ces sectes qui n??ont pas eu le choix de rester plutôt que de quitter. Craindre le pire et continuer de souffrir le martyre, cette population dit fuir l??insécurité de plus en plus grandissante ces derniers jours au niveau de la frontière liant Amchidé à Banki qui ont désormais un destin croisé. Le mouvement des populations fuyant les combats s??intensifie au jour le jour et la vie quant à elle devient de plus en plus amère dans cette partie du pays.
Une véritable atmosphère de guerre. L??exode des familles qui fuient la rage de ces « hommes » s??intensifie davantage. « La situation est intenable. On ne peut pas dormir à cause des crépitements des armes. Des balles tombent sur le toit. On ne va quand-même pas attendre tranquillement que la mort vienne nous trouver. Même comme nos forces de l??ordre sont là pour assurer notre protection, on ne sait plus ce qu??on fait à Banki. Les activités ne marchent plus à cause du marché qui est fermé », confient certaines personnes anxieuses déjà installées à Maroua.

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