Cameroun : Les activités en mémoire d’Ernest Ouandié interdites à Bafoussam

Ernest Ouandié

Dans l’arrêté portant interdiction de cette traditionnelle activité organisée par l’Union des populations du Cameroun, le sous-préfet de cet arrondissement du département de la Mifi évoque le « menace de trouble à l’ordre public ».

La deuxième mort de Ernest Ouandie. Elle est du sous-préfet de l’arrondissement de Bafoussam 2ème. En effet, l’autorité administration, a par un arrêté signé du jeudi 11 janvier dernier interdit les commémorations en faveur de ce héros national pour « menaces à l’ordre public ». « Sont interdites sur toute l’étendue du territoire de l’arrondissement de Bafoussam 2, les manifestations projetées le samedi 15 janvier 2022, par l’Union des populations du Cameroun (Upc), dans le cadre de la commémoration du 51ème anniversaire du martyre de Ernest Ouandie, pour menace de trouble à l’ordre public », lit de cet arrêté N°01/D/F35.02/BAAJP, signé de Grégoire Bertrand Essono Bodo. Cette décision est précise à la suite de l’introduction le 7 janvier 2022, par Michel Eclador Pekoua, de la déclaration de manifestations auprès des services de la sous-préfecture de cet arrondissement du département de la Mifi, dans la région de l’Ouest.

Selon les affirmations du sous-préfet portant dans cet arrêté, cette décision d’interdire cette manifestation est prise en considération des « nécessités impérieuses de préservation de l’ordre public ». « Toute violation de la présente interdiction sera sanctionnée conformément à la réglementation en vigueur », écrit-il en article 2. « Les commandants des brigades de gendarmerie territoriale de Djeleng, et Lafé, le commandant de la brigade de recherche 2, les commissaires de sécurité publique du 2ème et 3ème arrondissement et le commissaire spécial sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application rigoureuse du présent arrêté qui sera enregistré partout où besoin sera », a instruit Grégoire Bertrand Essono Bodo, sous-préfet de Bafoussam 2ème dans la Mifi.

Le 15 janvier est depuis 1971, un jour mémorable en l’honneur d’Ernest Ouandie. L’exécution de ce leader nationaliste et de ses compagnons notamment Fotsing et Gabriel Tabeu est présentée comme la fin de la rébellion à l’Ouest-Cameroun. Son exécution le vendredi 15 janvier 1971 à la place publique à Bafoussam intervient après sa condamnation à la mort et le refus du président de la République d’alors de le gracier avec ses compagnons, à la suite du procès de rébellion et du coup d’Etat. Cette date où Ernest Ouandie et ses compagnons de lutte furent fusillés à Bafoussam, occupe une place importante dans les annales de l’histoire post coloniale du Cameroun. Refusant de se faire bander les yeux avant son exécution au lieu-dit « Carrefour maquisard » (appellation peu connue par la génération actuelle des populations de Bafoussam ndlr), il fut assassiné à la place d’exécution prise d’assaut par les soldats de l’armée camerounaise. « D’autres Camerounais poursuivront la lutte de libération du Cameroun », avait-t-il déclaré à ses « bourreaux ».

Aurélien Kanouo / 237online.com

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