Cameroun : Le scandale qui secoue l’église catholique à Bertoua

eglise catholique

Le prêtre pédophile Père Emilien est accusé d’abus sexuel, il est interdit d‘exercer le Ministère pastoral. L’enquête judiciaire suit son cours.

« Nous avons passé des moments difficiles lorsque le Père Emilien était notre curé à Bélabo, lui n’avait pas de préférence, il était très sensible à toutes les femmes, bref nous on l’avait déjà démasqué depuis le premier jour », s’offusque Eléanor Miembong , une fidèle de l’église catholique Romaine. L’ensemble de la communauté des fidèles a été salie, mais l’église sa part de responsabilité dans le feuilleton qu’elle traverse en ce moment car elle a laissé la situation s’empirer : « Les paroissiens ont commencé à dénoncer depuis longtemps les excès Père Méssina, mais l’église est restée muette, pourquoi attendre qu’on arrive à ce niveau , je pense que l’église elle-même à sa part de responsabilité dans ce scandale », martèle Elimbi Ambroise, un habitant de la ville de Bertoua. Partout où est passé l’abbé Messina, il a laissé une réputation déplaisante. Même les ouvriers de l’église en avaient assez des fréquentations du prélat : « La présence permanente des femmes au presbytère nous gênait beaucoup je crois qu’il va se corriger avec le bruit du feuilleton que nous vivons en ce moment », espère une sœur d’église qui requiert l’anonymat.

L’homme commence à se faire remarquer lorsqu’il est en charge des brebis du Seigneur à la paroisse de Bélabo . La pression de ses victimes l’oblige à quitter la ville de Bélabo ; ses effets lui seront ramenés à Bertoua par ses collègues prêtres . Après sa fuite de Bélabo , il est nommé comme le gestionnaire du CODASC , plus tard il est propulsé comme le curé de la paroisse Saint Esprit Château de Gpoklota à Bertoua mais la saga sexuelle du prélat ne s’arrêtera pas car c’est dans cette paroisse que son ami et frère, le commissaire de police tous fait sa connaissance et se lie d’amitié à ce dernier ; c’est alors qu’un commissaire de police décide de confier au prélat sa fille âgée seulement de 14 ans. Jusque là tout se passe bien car sous l’encadrement de l’homme de Dieu la jeune fille deviendrai servante de messe à la grande satisfaction de son papa. D’après les déclarations de la jeune fille, le prêtre avait promis d’élever des prières pour implorer la miséricorde du Tout puissant afin de la guérir d’un cancer qui la terrasse tout en l’arrosant de nombreux dons sur le plan financier. Selon les déclarations du prêtre, sa relation avec la jeune fille a duré deux ans avant que le prêtre décide de mettre un terme à celle ci.

Consciente que le prêtre s’éloignait d’elle, la jeune fille se rend à l’hôpital, alors qu’elle souffre du paludisme, elle subira une batterie d’examens biologiques, suite à un examen, elle découvre qu’elle est positive au VIH, c’est alors qu’elle décide de se confier à sa tante. Elle se rendra à Yaoundé mais elle ne pourra pas se confier à sa tante c’est alors qu’elle revient sur Bertoua, tout en prenant la peine de relater sa confidence à sa tante dans une missive qu’elle laisse au chevet de son lit. Une fois que sa tante a pris connaissance du contenu de la missive de sa nièce, elle se rend aussitôt à Bertoua et pour tenir informé les parents de la jeune fille, le commissaire de police qui est par ailleurs responsable des enquêtes à la PJ. Celui-ci passe à l’action, et s’attèle à réunir les preuves qui accablent le prélat.

Ayant le maximum des preuves, les parents de la jeune fille ont saisi les autorités judicaires, le 12 mai 2022, l’abbé Méssina est interpellé et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Bertoua. Pendant que le sujet alimente toutes les conversations à Bertoua , l’église est restée silencieuse jusqu’au 18 Mai 2022 date à laquelle Monseigneur Joseph Atanga , archevêque métropolitain de l’archevêché de Bertoua s’est clairement prononcé , il a signé un décret de prohibition de l’exercice du ministère sacré par l’abbé Messina.

Le prélat est présumé innocent, en attendant que la justice se prononce. La position de l’église donnée par Monseigneur Atanga est non seulement une sanction mais aussi une mise en garde pour tout prêtre qui a des velléités qui sont de nature à ternir l’image de l’église catholique romaine.

Charles Mahop / 237online.com

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