Cameroun : Le roman ‘Mon père ou mon destin’ de Marzouka Oumma Hani suscite la controverse

Marzouka Oummou Hani

Une jeune auteure camerounaise, Marzouka Oumma Hani, est actuellement au cœur d’un litige juridique impliquant l’autorité traditionnelle de son village, suite à la publication de son premier roman « Mon père ou mon destin ». Marzouka Oumma Hani, 17 ans, est accusée par Mohaman Ahman, le Djaoro du village Idool, d’avoir diffamé sa communauté. Le chef réclame 150.000.000 Fcfa de dommages et intérêts.

Le Cameroun sous le choc du procès de Marzouka

Le jeudi 20 juillet 2023, un silence pesant s’est installé dans le tribunal de première instance de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua. L’affaire Marzouka Oumma Hani est suivie avec une attention soutenue à travers tout le Cameroun. Les détails de ce procès ont été relayés en temps réel sur le site d’information 237online.com, ce qui a suscité des discussions animées sur les réseaux sociaux.

Une accusation de diffamation en question

Dans son roman, la jeune Marzouka dépeint une société patriarcale oppressive, où la violence conjugale et le machisme règnent en maîtres. Le chef du village Idool, Mohaman Ahman, se sent diffamé par cette représentation. C’est ainsi qu’a été lancée la procédure judiciaire qui a culminé avec la comparution de Marzouka devant le tribunal de Ngaoundéré.

La littérature comme champ de bataille

La question de la liberté d’expression et de la place de la littérature dans l’éclairage des problèmes sociétaux est désormais au centre des débats au Cameroun. Marzouka, par son courage, a mis en lumière la marginalisation des jeunes filles, non seulement à Idool, mais dans d’autres villes et villages du Septentrion.

Solidarité autour de Marzouka

Sur les réseaux sociaux, les discussions vont bon train. Si certains considèrent le roman de Marzouka comme provocateur, d’autres saluent le courage de cette adolescente qui ose lever le voile sur des pratiques sociétales oppressives. Des soutiens importants se sont manifestés, notamment de la part de l’avocate Dominique et de la romancière Djaili Amal.

Le procès de Marzouka Oumma Hani est donc bien plus qu’un simple litige juridique. Il illustre le choc des générations et le rôle de la littérature comme outil d’éveil de conscience. Que cette affaire se déroule au Cameroun donne une résonance particulière à ce débat, ce pays étant souvent cité comme un exemple de diversité culturelle et de cohabitation pacifique des traditions et de la modernité.

L’issue de ce procès, prévue pour le 17 août 2023, est très attendue. Au-delà du sort de la jeune Marzouka, c’est l’avenir de la liberté d’expression au Cameroun qui est en jeu.

Béatrice Ekanga, 237online.com

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