Cameroun: Le régime Biya atteint de « Kamtophobie »

Maurice KAMTO à Paris

A l’évidence, quand on parcourt les réseaux sociaux, la focalisation sur la personne de cet homme politique est indicible, se muant parfois en animosités.

La dérive haineuse émane même des sphères les plus insoupçonnées telles que les professeurs d’université, qui pondent à longueur de journée des quolibets ou des inepties à son sujet sur la toile. « Kamtoto », « le gourou », « tontinard », « taliban », fusent comme des roses noires à dessein de ternir ou de torpiller l’image de celui qui s’est pourtant constitué comme le chantre du changement dans la paix. D’un autre côté, il émana des cercles tribalistes et haineux qui prolifèrent sur la toile que parce que Maurice Kamto appartient à l’ethnie Bamiléké, il lui sera impossible d’être président de la République du Cameroun. La haine peut-elle aller au point de se muer en volonté de suppression de sa personne physique ?
C’est un questionnement qui doit interpeler la vigilance quotidienne de toute la communauté nationale. On est donc réduit aujourd’hui, à se demander s’il existe un problème Kamto au sein de la classe politique camerounaise. Il va sans dire que le leader du Mrc a pris une autre dimension au sein de l’opinion depuis le boycott du double scrutin, même si des bribes qui fuitent de certains cercles du pouvoir prédisent tout simplement des jours sombres pour ce parti et son leader car cinq années de traversée du désert sont particulièrement éprouvantes surtout dans le champ politique.

Acharnement

S’appuyant sur cette posture, n’est-il pas anachronique de penser à la possibilité de l’assassinat d’une personnalité que certains jugent à tout point de vue fini politiquement ? Il y a tout de même un bémol, car autant on entend ressasser ces affirmations autant aussi, la réalité du terrain vient apporter une sorte de cinglant démenti comme pour remettre au goût de l’agenda, l’acharnement du sort à rappeler aux dirigeants camerounais de conjuguer de sagesse pour composer avec cette frange de Camerounais, pour mieux adresser les défis tous azimuts qui s’amoncellent en travers du chemin de la destinée nationale. Il est aussi dit que juste après ces événements, on a entendu des cercles proches du pouvoir affirmer qu’il s’agit d’une mise en scène, de la construction de la fiction permanente, de la théâtralisation de la vie politique. Cette voix s’en émouvait en confessant que les cinq prochaines années avec le Mrc hors des institutions, vont être particulièrement éprouvantes, soulevant là un pan des appréhensions du Rdpc vis-à-vis du Mrc en tant que parti politique. Cette assertion n’était pas encore totalement dite que le camp d’en face rétorquait que la vocation d’un parti politique n’est pas toujours de se saisir de quelques maroquins ou de quelques prébendes, mais surtout d’éduquer les masses. Tout un programme en perspective.

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