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Cameroun : Le peuple Bazou pleure la disparition de son Roi Tchoua Kemajou

Tchoua Kemajou Vincent 1

Dans une nouvelle qui ébranle l’Ouest-Cameroun, Sa Majesté Tchoua Kemajou Vincent, souverain respecté du peuple Bazou, s’est éteint en Suisse ce 6 décembre 2024. Comme le rapporte 237online.com, cette perte marque la fin d’un règne de 40 ans qui aura profondément marqué l’histoire de cette chefferie traditionnelle du département du Ndé.

Avant de devenir l’une des figures les plus respectées de la région de l’Ouest, Sa Majesté Tchoua Kemajou Vincent avait déjà marqué l’histoire en tant que maire de Nkongsamba, à l’époque où celle-ci était la troisième ville du Cameroun.

Un combat de 25 ans pour la légitimité Royale à Bangou

En véritable gardien des traditions, Sa Majesté Tchoua Kemajou s’est toujours impliqué dans la préservation de l’ordre successoral légitime à Bangou. Dès 1995, il avait reçu les restes mortuaires du Fo’o Kemayou Paul Bernard, décédé en Guinée Conakry, qu’il a précieusement conservés pendant 25 ans malgré l’opposition du chef intérimaire Kezembou Marcel Aka Tayo Marcel que plusieurs Bangou appellent aujourd’hui « usurpateur« . Son engagement pour la vérité historique s’est manifesté à travers de nombreuses tentatives de médiation, notamment en 2001 lorsqu’une commission préfectorale avait été mise en place pour examiner la question. Fidèle aux traditions ancestrales, il rappelait souvent que c’est son grand-père, le Roi Nana, qui avait procédé à l’arrestation du Roi Bangou en 1935, et que cette prérogative de désignation des chefs à Bangou lui revenait légitimement. Cette position s’appuyait sur des précédents historiques, comme en 1950 lorsque son grand-père avait installé Kemayou Paul Bernard après le décès du souverain Sinkam.

Conformément aux rites ancestraux des chefferies de l’Ouest-Cameroun, le corps du souverain, attendu cette nuit à l’aéroport de Douala, passera une nuit symbolique avec les ancêtres avant les obsèques officielles. Cette tradition sacrée marque la transition entre le monde des vivants et celui des ancêtres.

Alors que le peuple Bazou entame son deuil, la question de la succession se pose déjà. La sagesse ancestrale devra guider le choix du prochain chef traditionnel, garant de la continuité d’un héritage millénaire.

Par Jean-Paul Dzomo Nana pour 237online.com

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