L’occasion est donnée aux acteurs des bandes dessinées de se retrouver et de se dévoiler.
Présent à la 9e édition du festival Mboa BD ce jeudi 29 novembre, Martini Ngola termine un dessin effectué sur place. Pour réaliser ce croquis, il se sert d’un format A4, d’un crayon, d’un encreur et d’une gomme. Assis sur une chaise dans l’une des salles de la gallérie d’art contemporaine, Martini se sert de ses genoux comme support pour représenter sur trois hommes autour d’un arbre. Il s’agit : « d’un dessin sur commande. Il représente la couverture d’un livre qui devrait parler des économies africaines et des partenaires. Sur les dessins, on remarque un africain qui abat un arbre. À distance, il y a un européen muni d’une hache. Tandis qu’un asiatique tient une tronçonneuse », explique Martini.
En fait, le feuillage de cet arbre à la forme de l’Afrique. Et, si ces personnages parviennent à abattre cet arbre, cela veut dire que l’Afrique se retrouvera anéantie. « À travers ce dessin, je montre les inconvénients des investissements et des partenariats en Afrique. Car, ce sont des actes qui contribuent à la destruction des richesses de l’Afrique », ajoute Martini Ngola, dessinateur à Blacktrek, un collectif de dessinateur de manga camerounais.
Comme Martini Ngola, l’occasion est donnée aux acteurs de bandes dessinées de se rencontrer et de se dévoiler. Après la ville de Douala, Yaoundé accueille durant quatre jours la 9e édition du festival Mboa BD. Pour retrouver le village du festival, il faut se rendre à la gallérie d’art contemporaine. Tandis que des expositions et des ateliers se déroulent à l’institut français du Cameroun. « C’est un lieu de rencontre, et de partage entre les différents acteurs qui participent à une production de bande dessinée et le public. Le festival est mis en place au fil des éditions, des formations qui permettent aux dessinateurs de connaitre les bases de métiers des acteurs, de comprendre les enjeux actuels autour de la bande dessinée », explique Henry Christian Tjengelle, le responsable de la communication. En plus, le festival Mboa BD est un espace qui donne de la visibilité à la production de la bande dessinée au Cameroun. Le but étant de créer une véritable culture industrielle de la bande dessinée. Du 28 novembre au 1er décembre, l’événement qui se tiendra autour du thème : « bande dessinée et multiculturalisme ».
Pour le délégué de ce festival, Yannick Deubou Sikoué, ce thème est un idéal qui permet de concilier le respect de la différence de chacun. D’accepter la différence de chacun. Pour Yannick Deubou : « partant du principe que l’extraordinaire diversité du Cameroun est un formidable atout pour la construction d’un avenir commun. Les auteurs camerounais et leurs collègues venus de l’international partageront une fois de plus avec le grand public, leur passion, leur création et leur vision du monde », affirme t’il.
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