Cameroun: Le Mrc confirme sa logique insurrectionnelle

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) est résolument engagé dans l’insurrection.

Son leader, Maurice Kamto, arrivé en deuxième position au terme d’un scrutin remporté par Paul Biya avec une avance confortable, a poussé ses militants dans la rue pour une marche interdite par les autorités administratives. Décidément, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) continue de multiplier les actes de haine et de barbarie.
Les évènements du samedi 26 janvier 2019 le confirment. En début de semaine dernière, le Mrc annonce une marche pacifique pour dénoncer le hold-up électoral à la faveur de Paul Biya, déclaré vainqueur de la présidentielle du 7 octobre dernier. Le Mrc indique aussi que cette marche a pour objectifs de s’opposer au pillage des fonds publics investis pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nation (Can) de football. Mais le sous-préfet de Douala V décide d’interdire cette marche, l’administration territoriale s’inquiète de la multiplication des tracts, qui demandent, entre autres, le recomptage des voix de la dernière élection présidentielle.

Malgré cette interdiction, les militants du Mrc confirment leur marche. Objectif : faire descendre le maximum de Camerounais dans la rue. Sauf que la mobilisation n’était pas au rendez-vous. Départ de cette marche illégale : Carrefour Bassong, dans l’arrondissement de Douala V. Dans les rangs clairsemés du Mrc, explique une source policière, des marcheurs du Mrc s’arment de projectiles. Elle rappelle aussi que Célestin Djamen, un transfuge du Sdf, et Michèle Ndoki, une avocate proche de Maurice Kamto, le leader du Mrc, ont pris la tête de cette marche illégale. Ils seront évacués
quelques minutes plus tard pour des blessures par balles. Une thèse que notre source policière récuse : « remarquez que ces deux personnes disent avoir été touchés par des balles tirées par la police au même endroit : la cuisse. Ce qui est une drôle de coïncidence. Une autre curiosité, comment des balles réelles, tirées à bout portant, ne percent que des petits trous comme ceux que vous voyez sur les nombreuses vidéos, qui défilent sur les réseaux sociaux ».
Plus tard, devant ses militants, Maurice Kamto tient ces mots : « nous venons de franchir un nouveau palier. Des gens ont consenti des sacrifices aussi élevés que ceux de leur vie, les blessés auraient pu mourir, d’ailleurs nous ne savons pas quel sera l’état de leur santé d’ici la fin de la journée. Nous ne sommes plus à l’époque où nous disions de garder votre calme parce que nous croyions avoir à des gens raisonnables, à des dirigeants responsables. C’est compris qu’ils n’entendent que le langage de la force ».

Après avoir écouté cette déclaration du président national du Mrc, François Nza’akou, analyste politique, fait remarquer que le Mrc souhaite se positionner pour les prochaines élections municipales et législative. Mais en attendant ces échéances, de nombreux observateurs politiques sont d’accord pour dire que Maurice Kamto fait « l’éloge de la violence ». « Nous avons le droit de dire non. Jusqu’au bout, nous allons nous battre. Aujourd’hui c’est un point de départ. Dites à vos parents de sortir s’ils vous aiment, moi aussi je suis un parent, qu’ils viennent avec nous. Nous on doit se sacrifier. (…) Tout le monde dit « où sont les enfants de Kamto », j’ai décidé de me sacrifier. Que ceux qui demandent où sont nos enfants, qu’ils vous laissent à la maison et qu’ils viennent avec nous. Mais sachez-le, notre lutte vient de passer à une autre étape », poursuit Maurice Kamto.

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