Cameroun: Le Littoral vice-champion des violences faites aux femmes

Plus de 58% d’abus physiques sur le s*e*xe faible sont enregistrés dans la région.
Quelles sont les manifestations de la violence ? Où est-ce que c’est le plus répandu ? Comment est-ce qu’on peut répondre à cela ? Quel type de production peut-on faire pour sensibiliser l’opinion ? Comment peut-on travailler en tant que journaliste pour avoir un impact sur les chiffres de la violence ? Pendant deux jours, les 13 et 14 novembre dernier à Douala, près d’une trentaine de membres du réseau des communicateurs VBG (Netcom) ont été invités à répondre à ces questions lors d’un atelier de renforcement des capacités autour des violences basées sur le genre et le vih-sida. Une rencontre organisée par la Cameroon Youths ans Students Forum for Peace (Camyosfop), en partenariat avec Onu-femmes.
Pour Gaëlle Moudio, la présidente de Netcom, il était question d’éduquer les journalistes sur les Vbg (violences basées sur le genre), de leur fournir des éléments, des chiffres. Et en termes de chiffres, ceux révélés par une étude menée en 2014 sur les violences faites aux femmes sont particulièrement élevés. Notamment dans le Centre, triste premier de la classe avec 66,7% de violences physiques, 26,9% de violences s*e*xuelles,
et le Littoral, « vice-champion » avec 58,7% pour la première catégorie et 17% pour la deuxième. Des statistiques qui interpellent, quand on sait
que c’est dans ces deux régions qu’on trouve le plus fort taux d’alphabétisation des filles. Réaction de Sandrine Tonlio, journaliste et participante : « La formation nous a permis de savoir comment nous comporter pour porter assistance à ces femmes qui subissent les violences physiques et psychologiques ». Elle a aussi apprécié les statistiques, qui ne sont pas toujours ceux de l’imagerie populaire.
Tous ces chiffres rentrent en droite ligne des objectifs du réseau : « se donner les moyens, trouver les partenaires qu’il faut pour être capables de produire un travail de qualité qui correspond à la réalité, qui sensibilise pour réduire la violence ». Le réseau, créé en décembre 2014, compte une quarantaine de membres. Au nombre de ses prochaines actions, Netcom compte se rendre au Call Center du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille à Akwa.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *