Société

Cameroun : Le général Ivo Desancio Yenwo convoqué à la barre

Le directeur de la Sécurité présidentielle et ses éléments sont attendus devant le juge au Tribunal militaire le 21 juillet prochain aux fins de témoigner dans l’affaire qui oppose le président de l’Assemblée nationale à son neveu et non moins aide de camp.

On est loin d’être sorti de l’auberge. Au fil des audiences, l’affaire se nourrit de nouveaux rebondissements avec à la clé, des visages insoupçonnés qui défilent devant le juge. L’audience qui s’est déroulée au Tribunal militaire de Yaoundé hier mardi 16 juin 2020 au sujet de l’affaire qui oppose Cavaye Yeguié Djibril, président de la Chambre basse du Parlement à son neveu et ancien aide de camp, le capitaine Bouba Simala, a été renvoyée au 21 juillet prochain à la demande de Me Mbeng Sylvestre et du ministère public représenté par madame Tcheptang aux fins de « convoquer et faire comparaitre et faire témoigner le général Ivo Desancio Yenwo, directeur de la Sécurité présidentielle et ses éléments ».

C’est la principale information à retenir de ce énième procès qui a été expéditif si l’on s’en tient à nos sources. Dans un mois donc, le redoutable patron de la Sécurité présidentielle est attendu devant le juge pour être entendu et certainement apporter des éléments nouveaux dans cet épineux dossier qui est loin d’avoir rendu son dernier épisode. Lorsqu’on sait la stature, les faits d’armes du soldat Ivo et la haute et délicate fonction qu’il occupe au sein de l’effectif des plus proches collaborateurs du président de la République, il est fort à parier que l’homme n’osera pas se présenter.

Il était une fois un 13 juin 2015…

Beaucoup le voit se faire représenter par ses conseils plutôt que de répondre personnellement à l’appel de la Cour. Le plus intrigant dans cette convocation du juge, c’est le rôle (pernicieux ?) qu’auraient prétendument joué le général de division et ses éléments dans cette affaire qui s’apparente à un serpent de mer. Lui qui, le 6 avril 1984, alors que le palais d’Etoudi est assiégé par les soldats mutins de la Garde républicaine, cet officier anglophone du Nord-Ouest se range du côté des loyalistes, conduit Paul Biya à l’abri et organise la résistance. Depuis, il a conservé la confiance du président, qui l’a nommé au poste sensible de directeur de la sécurité présidentielle en 2004 et l’a promu général de brigade en 2005. A-t-il été mêlé à la manœuvre pour clouer Simala ? En quoi est-il concrètement impliqué ?

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En convoquant la genèse de cette affaire née le 13 juin 2015 lorsque le capitaine Bouba Simala, alors garde du corps du président de l’Assemblée Nationale débarque à la résidence de Cavaye Yeguie Djibril, l’on apprend que celui-ci s’apprêtait à aller faire du sport. Devant témoins, « Bouba Simala déclare alors haut et fort que son oncle sera enlevé au parcours Vita de Yaoundé. Aussi, conseille-t-il aux éléments de la sécurité de ne pas riposter quand bien même on tirerait sur eux. Il poursuit son propos en affirmant que les éléments de la direction de la Sécurité présidentielle, y compris le général Ivo sont informés. L’objectif était alors de tromper les éléments en charge de la sécurité du président de l’Assemblée nationale dont le dispositif a tout de même été renforcé afin d’éviter toute mauvaise surprise face à ces menaces », rapportent les journaux.

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L’espoir en fumée

Dans le cadre de cette affaire, les conseils du Pan avaient demandé une expertise judiciaire des échanges téléphoniques du sieur Simala dix jours avant les faits et dix jours après les faits pour la manifestation de la vérité. La juge, la lieutenant-colonel Meffand, avait refusé de se plier à cette exigence, D’où l’introduction, auprès de la présidente du Tribunal militaire par les conseils de Cavaye Yeguie Djibril, d’une demande de collégialité. L’objectif était alors d’éviter toute partialité. Après moult tractations, les avocats de Cavaye Djibril ont récusé la juge Meffand pour suspicions légitimes.

Entre-temps, Bouba Simala introduit une demande de mise en liberté provisoire alors que le Tribunal militaire est dessaisi de l’affaire pour cause d’appel. Le dossier est retiré à la juge militaire Meffand et au magistrat civil Tang. Il est désormais confié pour mission à la juge Ngoungue et au commissaire du gouvernement Rose Mangoum Deffo. Laquelle a requis qu’il plaise à la juge du siège d’ordonner la liberté provisoire de Bouba Simala au motif que dix-huit mois de détention préventive ne sont pas conformes avec la loi.

C’est sur ces entrefaites que la magistrate civile Ngoungue avait ordonné la liberté provisoire de Bouba Simala. Mais l’affaire s’est enlisée. Le maigre espoir de sortir des fourches caudines d’une justice qu’il dit aux ordres, s’est dissipé tel un nuage de fumée. Simala a déboursé des sommes faramineuses pour assurer sa défense. Sans succès. Rendez-vous le 21 juillet !

Franck ESSOMBA

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