Politique

Cameroun – Droits de l’homme: Le rapport qui épingle le régime Biya

La dernière sortie du département d’Etat américain ne caresse pas le régime en place dans le sens du poil, et l’accuse de violations graves des libertés.

Dans son rapport annuel sur les droits de l’homme, publié le 11 mars 2020 par le département d’Etat, en parlant du cas du Cameroun, Washington évoque «les exécutions illégales ou arbitraires, y compris les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées par les forces de sécurité ; la torture par les forces de sécurité et des groupes armés non étatiques ; les détentions arbitraire par les forces de sécurité et des groupes armés non étatiques ; des conditions de détention difficiles et potentiellement mortelles ; les prisonniers politiques; l’indépendance du pouvoir judiciaire; les pires formes de restrictions à la liberté d’expression, à la presse et à Internet, y compris la violence, les menaces de violence ou les arrestations ou poursuites injustifiées contre des journalistes…» Ces accusations sont sans appel : la lutte contre les graves violations des droits humains commises au Cameroun est loin d’être gagnée.

Tenez, en ce qui concerne les atteintes à l’intégrité physique des personnes, elles sont répertoriées aussi bien dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dans le cadre de la crise anglophone ; dans la partie septentrionale du pays, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, que dans le reste du pays, avec notamment l’arrestation de centaines de personnes entre janvier et juin 2019 dans le cadre des « marches pacifiques » du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), à la suite de l’élection présidentielle d’octobre 2018. Un exemple frappant dans le rapport est celui de mars 2019 où 13 personnes sont mortes dont sept commerçants, brûlées vives dans l’arrondissement de Ndu, alors qu’elles revenaient d’un voyage au Nigeria. Le département d’Etat met cet évènement tragique en exergue dans son rapport pour illustrer les pratiques brutales de bon nombre d’hommes en uniforme.

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Prisonniers politiques

Le département d’Etat américain rapporte que les forces de défense et de sécurité seraient à l’origine de la disparition de nombreux de séparatistes. C’est le cas de Franklin Mowha, le leader d’une Ong qui aurait disparu alors qu’il était en mission à Kumba en août 2018. « Nos forces de défense sont pourtant mieux formées et sensibilisées à l’importance de leur mission, mais c’est insuffisant, car il n’y a pas de sanction », confirme sous couvert de l’anonymat, un avocat. « Les plaintes sommeillent dans les juridictions.

Il n’y a pas de véritables enquêtes sur ces exactions. Et même s’il y a des poursuites, elles aboutissent peu », ajoute notre source. Le rapport s’intéresse aussi aux conditions de détention dans les prisons, les arrestations arbitraires, les lenteurs judiciaires, etc. Il revient notamment sur les prisonniers politiques, en citant notamment les cadres du Mrc, mais aussi Marafa Hamidou Yaya, détenu depuis 2012, malgré une décision du groupe de travail des Nations unies en 2016, qui présentait sa détention comme une violation des lois internationales. Soulignons que le rapport évoque également des agressions perpétrées par les séparatistes contre les hommes en treillis. Tout comme les exactions commises par l’hydre Boko Haram, sont aussi évoquées dans ledit rapport.

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Ahmed MBALA

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