Cameroun : Le GECAM sommé d’agir face au fléau des déchets plastiques !

GECAM tawamba

Un cri d’alarme qui ne peut plus être ignoré. Dans une lettre ouverte percutante adressée à Célestin Tawamba, le nouveau président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), l’écologiste Didier Yimkoua tire la sonnette d’alarme sur la pollution plastique qui gangrène le pays. Dénonçant les ravages de ces déchets toxiques sur l’environnement et la santé, il appelle le patronat à prendre ses responsabilités et à engager une transition rapide vers des alternatives durables, comme le révèle en exclusivité 237online.com.

Des audits accablants pour les membres du GECAM

Au cœur de cette interpellation, des audits réalisés sur les décharges sauvages d’ordures ménagères qui dressent un constat sans appel. Les plus gros pollueurs ? Des entreprises membres du GECAM, fabricants de boissons, d’eau minérale, de chocolat, de lait et de savons en poudre.

« Les résultats sont éloquents« , assène Didier Yimkoua dans sa missive. Des résultats présentés publiquement le 27 mars 2024, devant les médias nationaux et internationaux, et qui ne laissent plus de place au doute ou à l’inaction.

Des plastiques toxiques pour la santé et l’environnement

Car au-delà de l’impact visuel désastreux de ces déchets qui défigurent les paysages, c’est un véritable poison qui se répand insidieusement. Selon des recherches scientifiques rigoureuses, les intrants chimiques utilisés pour la fabrication des emballages plastiques sont des substances dangereuses et létales.

« Des traces ont été découvertes dans les placenta humain et des nano particules ont été découvertes emmagasinées dans la graisse du poisson« , alerte l’écologiste. Sans parler des conséquences écologiques dramatiques de ces rejets dans la nature, particulièrement dans les zones humides comme les océans et les mers.

Le recyclage, une fausse solution ?

Face à ce fléau, certains prônent le recyclage comme solution miracle. Une illusion selon Didier Yimkoua, qui n’hésite pas à parler de « greenwashing« . Car si le recyclage peut réduire la pollution physique et esthétique, il est impuissant face aux substances chimiques qui imprègnent ces plastiques.

« Le recyclage des substances chimiques est impossible« , martèle-t-il. « Il est inadmissible de tolérer la consommation de la bière en plastique. Non !!!« , s’insurge-t-il, pointant du doigt une pratique particulièrement nocive et pourtant banalisée.

Vers des alternatives durables et locales

Mais au-delà de la dénonciation, Didier Yimkoua veut être force de proposition. Pour lui, les solutions alternatives existent, à commencer par le verre cassable. Il cite l’exemple d’une entreprise locale qui fabrique déjà des bouteilles en verre, et appelle à soutenir la création d’unités de production similaires par d’autres brasseries pour briser les logiques de monopole.

Un plaidoyer pour une économie circulaire et locale, seule à même de concilier impératifs écologiques et développement économique. Un défi immense, que le GECAM se doit de relever s’il veut être à la hauteur de ses responsabilités.

L’heure de vérité pour le patronat camerounais

Car pour Didier Yimkoua, l’heure n’est plus aux demi-mesures ou aux bonnes intentions. Il est temps pour le GECAM de passer des paroles aux actes, en engageant une stratégie ambitieuse et contraignante de réduction, puis d’élimination des plastiques.

« M. le Président, vous avez une lourde responsabilité, celle de conduire à moyen terme vos membres à réduire la fabrication, l’importation et l’utilisation des emballages plastiques, et à long terme, les supprimer« , interpelle-t-il solennellement Célestin Tawamba.

Les écologistes en sentinelle

Une responsabilité d’autant plus grande que les écologistes seront là pour surveiller et juger les actes du patronat. « M. le Président du GECAM, les écologistes vous observent« , prévient Didier Yimkoua, se faisant le porte-voix d’un mouvement déterminé à ne rien lâcher.

Car au-delà de la survie de quelques entreprises, c’est bien l’avenir du Cameroun et de sa jeunesse qui est en jeu. Un avenir qui ne pourra être vert et durable que si chacun, à commencer par les acteurs économiques, prend ses responsabilités.

L’appel est lancé, solennel et urgent. Le GECAM saura-t-il y répondre à la hauteur des enjeux ? Les prochains mois seront décisifs. Mais une chose est sûre : sur la question brûlante des déchets plastiques, l’immobilisme n’est plus une option. L’heure est à l’action, et elle est déjà presque trop tardive. Pour notre environnement, notre santé, et celle des générations futures.

Article rédigé par Christelle Etame pour 237online.com

One thought on “Cameroun : Le GECAM sommé d’agir face au fléau des déchets plastiques !

  1. Que dire de Taxe de l’Environnement et Taxe d’Hygién et de Salubritré imposées aux petits boutiquiers et d’autres petites activités ?
    Pouvez-vous poser la question aux Maires de Douala ainsi que au Délégués des Services Rigionaux par raport æ ces taxes !

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