Economie

Cameroun : La vente des remèdes traditionnels nourrit son homme

Les vendeurs de ces remèdes réussissent à subvenir à leurs besoins.

Sous le soleil levant au lieu-dit pont de la gare à Yaoundé, des vendeurs de remèdes traditionnels sont assis le long de la route. Chacun est devant son hangar attendant les potentiels clients. Sur leurs tables, on retrouve des bouteilles remplies de liquide de natures différentes à l’instar : du miel, l’huile de serpent, jus de kinkéliba. On y retrouve également les écorces de Loum, Nfol, Esok, des graines de kinkéliba et des feuilles d’aloe-vera. Les ossements de certains animaux servant à faire des rites de guérison meublent aussi le décor. Ils tentent tous d’attirer vers eux des clients. Chacun use de jolies phrases pour parvenir à ses fins. « Ma fille vient trouver ta guérison », lance une commerçante. C’est une activité qui attire plus d’un.

Depuis plusieurs années, Mama Majo a fait de cette activité son gagne-pain. Elle vend des produits pour soigner des maladies parmi lesquelles : la typhoïde, la jaunisse, les infections urinaires etc. Cette quarantenaire se ravitaille chez ses fournisseurs. Lorsqu’elle est en manque, elle passe un coup de fil et se fait livrer sur place. Ses clients se recrutent dans diverses strates de la société. Des malades et des guérisseurs viennent acheter des remèdes pour leurs proches.

C’est après avoir accompli certains de ses devoirs conjugaux qu’elle se rend dans son lieu de travail. Mère de plusieurs enfants, la commerçante dit faire face à de nombreuses difficultés au rang desquelles, le problème de monnaie et de risque d’accident. « Nous sommes en bordure de route. Une voiture peut perdre le contrôle et nous trouver surplace à tout moment », explique-t-elle. Mama Majo gagne en moyenne 4000 Fcfa par jour à raison de 120.000 Fcfa le mois quand il y a la clientèle. Certains jours, elle peut rentrer sans recette. L’argent gagné par la vendeuse de remèdes traditionnels comble certains de ses besoins familiaux. Elle explique cependant que les revenus sont insuffisants.
Comme elle, Youssoufa mène la même activité au pont de la gare. L’élève à l’école de médecine traditionnelle met en pratique les connaissances acquises.

Chaque matin, il se rend à son lieu de travail pour vendre ses produits. Le jeune homme se ravitaille chez les mêmes fournisseurs que Mama Majo. Ces derniers leur fournissent les produits à une somme qui leur permet d’avoir une marge de bénéfice. Les clients du jeune commerçant ne sont pas exclusivement des malades. Il reçoit également des tradi-praticiens. Ces derniers viennent chercher des produits qui servent à soigner et à faire des rites sur les malades. La petite monnaie reste un problème criard. « Les clients viennent toujours avec les gros billets et n’achètent pas une grande quantité de ma marchandise. Le comble est que, je peux rester toute une journée sans rien vendre », a-t-il précisé. Avec une recette d’au moins 3000 Fcfa par jour, pour une somme de 90.000 Fcfa le mois, Youssoufa réussi à subvenir à la moitié de ses besoins car il vit seul.

Solange s’est installée au marché Ekounou. Ses produits sont issus des plantes telles que : le roi des herbes, l’aloe-vera, les fleurs marguerites et les feuilles de papaye. Ces produits selon Solange, peuvent guérir toutes les maladies. C’est dans les champs qu’elle s’approvisionne. Elle gagne en moyenne 5.000 Fcfa la journée. Cette somme lui permet de satisfaire une partie de ses besoins. « Ce n’est pas suffisant pour résoudre tous mes problèmes », conclut-elle.

Rosine Golbo (stagiaire)

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