Une vague de spéculations sans précédent déferle sur le Cameroun, mettant à l’épreuve la stabilité politique du pays. Alors que les rumeurs sur l’état de santé du président Paul Biya atteignent leur paroxysme, les autorités multiplient les démentis, plongeant la nation dans un tourbillon d’incertitudes. Cette situation soulève des questions cruciales sur la transparence du pouvoir et la résilience des institutions camerounaises.
Le démenti cinglant de l’ambassadeur du Cameroun en France
Face à la tempête médiatique, André Magnus Ekoumou, ambassadeur du Cameroun en France, a brisé le silence dans un entretien exclusif accordé à Jeune Afrique. « Paul Biya n’a jamais été hospitalisé à Clamart ou en France », a-t-il affirmé avec force, balayant d’un revers de main les rumeurs qui circulaient depuis des semaines. Cette déclaration intervient alors que la diaspora camerounaise s’était mobilisée en banlieue parisienne, persuadée que le chef de l’État y était soigné.
L’ambassadeur est allé plus loin, confirmant que le président « se trouve à Genève » et qu’il est « en bonne santé ». Ces propos tranchent nettement avec le flot incessant de spéculations qui inondait les réseaux sociaux et certains médias étrangers.
Une chaîne sud-africaine à l’origine d’un emballement médiatique
La situation a pris une tournure dramatique le 8 octobre, lorsque la chaîne de télévision sud-africaine ABS Africa TV a annoncé le décès du président Biya. Cette information, rapidement qualifiée de fake news par les autorités camerounaises, a provoqué une onde de choc dans tout le pays.
Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, n’a pas mâché ses mots sur son compte X (anciennement Twitter) : « Ceux qui tentent par divers moyens de tromper l’opinion en annonçant le décès du chef de l’État camerounais doivent payer le prix fort pour un mensonge aussi grossier. » Une réaction qui témoigne de la nervosité du pouvoir face à la propagation de ces rumeurs.
La classe politique appelle à la transparence
Cette avalanche de spéculations n’a pas manqué de faire réagir l’opposition. L’Union démocratique du Cameroun, par la voix de la députée Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, a appelé à une clarification officielle sur l’état de santé du président et sur une éventuelle vacance du pouvoir.
Les défis de l’information à l’ère des réseaux sociaux
Cette crise médiatique soulève également des questions sur la diffusion de l’information à l’ère du numérique. Selon une étude, plus de 70% des Camerounais s’informent principalement via les réseaux sociaux, un terrain fertile pour la propagation de rumeurs.
Cette crise pourrait être l’occasion d’une remise en question des pratiques de communication au sommet de l’État camerounais. Certains observateurs appellent à une plus grande transparence et à une communication plus régulière sur les activités du président.
Par Alain-Claude Ndom, chroniqueur politique pour 237online.com
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