Société

Cameroun: La Justice réclame 236 milliards Fcfa à Mebe Ngo’o

Après 18 mois d’instruction, l’ex ministre de la Défense qui séjourne à la prison centrale de Kondengui pour une affaire de détournement présumé de fonds publics dans le cadre de l’achat de matériels militaires pour l’armée camerounaise, est désormais fixé sur les chefs d’accusations qui pèsent contre lui.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le juge d’instruction n’a pas été tendre avec Edgar Alain Mebe Ngo’o. Tant les chefs d’accusations et les montants mirobolants qui en découlent font froid au dos. Passée la longue période d’incertitudes et de cogitation quant aux charges qui pèsent sur le prévenu, on en sait un peu plus sur l’affaire de l’ex Mindef (2009-2015) emmuré depuis plus d’un an (en attente de jugement), à la prison centrale de Kondengui. Alors que l’homme continue de clamer son innocence ainsi que celle de son épouse et de ses trois coaccusés (Mbangue Maxime Léopold, Mboutou Elle Ghislain Victor et Menye Victor Emmanuel), des sources proches de l’instruction rapportent qu’il y’a quelques jours, la Justice s’est enfin décidée de qualifier les faits qui lui sont reprochés. A les croire, l’ancien patron de la Défense et son conseil ont du grain à moudre s’ils espèrent tirer d’affaire l’homme dont le nom est cité dans trois grandes affaires pour lesquelles il serait à la manœuvre, du temps où il jouissait légitimement de son statut de Mindef.

Cabale

Selon l’instruction, Mebe Ngo’o est accusé de détournements de fonds publics évalué à 20 milliards Fcfa qu’il aurait malicieusement chapardé à travers des surfacturations et des marchés publics fictifs. Ensuite, l’ex Mindef serait au centre d’un autre détournement estimé à 300 millions d’euros soit 196 milliards de Fcfa destinés au projet polytechnologique avec la Chine dans le cadre de l’achat de matériels militaires pour l’armée camerounaise. Et pour couronner le tout, le natif de Sangmelima est accusé de blanchiment d’argent évalué à 20 milliards de Fcfa. De provoquer l’ire dans son entourage qui s’interroge aussitôt sur la durée de l’instruction « qui est contraire aux dispositions du Code de procédure pénale ». Mais aussi « tous les micmacs qui entourent le dossier » ressuscité dans un environnement où plusieurs sources soutiennent que certains de ses bourreaux recrutés dans les rangs du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et non moins des pontes du régime, manœuvrent sous cape pour enfoncer leur camarade placé sous mandat de dépôt au quartier spécial 14 à la prison centrale de Kondengui. Pour les affidés de MebeNgo’o, « l’heure est visiblement à une nouvelle cabale dont le dessein reste celui de noircir davantage son casier ».

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Incident diplomatique

De sources proches de l’instruction, le juge commis pour dire le droit dans cette tumultueuse affaire, a été reçu récemment par le « vide-dieu » qui lui aurait donné des instructions relatives au sort qui attend Mebe Ngo’o. Plus qu’un simple tête-à-tête, l’échange entre les deux hommes se résu-
merait à des consignes strictes. Si les contours de cette entrevue à la présidence de la République restent floues, on imagine de manière plausible l’issue de l’affaire au regard de l’hyper activité de certains « soldats » de l’intox et omniprésents sur la toile afin de répandre le gaz qui va asphyxier le mince espoir que nourrit encore leur cible. On se souvient que la question de l’achat des armes chinoises pour faire face à la menace Boko Haram avait été fortement évoquée lors d’une audience accordée le 7 août 2015 par le président Paul Biya à Wang Lin, vice-président de Poly Group Corporation et Président de Poly Technologies, deux consortiums spécialisés dans le commerce international, l’immobilier et l’armement.

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Bien avant, l’ex-attaché de Défense du Cameroun en Chine était auditionné en conseil de discipline pour répondre des accusations d’insubordination, de refus de rejoindre son poste, d’outrage à la hiérarchie et de diffusion de documents administratifs. Le cas du contre-amiral Jean Pierre Nsola avait en effet, pendant des mois, animé la chronique au sein de l’armée nationale depuis que, encore en poste à l’étranger, il s’était fendu d’une lettre de dénonciation contre son ministre, Edgard Alain Mebe Ngo’o, l’accusant d’avoir engagé un dossier d’achat de matériels militaires à la Chine sans avoir requis son expertise. Vu sous cet angle, ne s’achemine-t-on pas vers un incident diplomatique entre le Cameroun et l’Empire du milieu ? N’est-ce pas foncer droit vers un Tsunami que d’accuser la Chine d’avoir effectué dans le cadre de la coopération bilatérale, une opération frauduleuse avec un pays ami comme le Cameroun ? La suite nous en dira davantage.

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