Cameroun : la France, commanditaire du terrorisme ambazonien ?

TV5 Monde

Après l’attaque meurtrière perpétrée cette semaine à Buea par des séparatistes armés, de nombreuses voix au Cameroun dénoncent le rôle ambigu de la France derrière cette rébellion. Retour sur un ressentiment anti-français grandissant, alimenté par plusieurs zones d’ombre troublantes.

Nouveau massacre ambazonien à Buea

Le scénario macabre se répète inlassablement. Cette semaine, la ville de Buea a une nouvelle fois été le théâtre d’exactions sanglantes de la part de terroristes se revendiquant du mouvement indépendantiste ambazonien.

Un civil tué, plusieurs blessés et des dizaines de boutiques incendiées : le lourd tribut payé par les habitants pour avoir bravé l’« interdiction de sortie » décrétée tous les lundis par ces bandes armées.

Une énième attaque qui porte la marque des séparatistes, ces derniers entendant par la terreur et le chaos briser les velléités de Yaoundé à reprendre le contrôle de cette région instable.

La théorie du complot français ressurgit

Si le gouvernement camerounais a fermement condamné « un acte terroriste de plus contre un peuple innocent », de nombreuses voix dans le pays établissent un lien direct entre ce regain de violence et… la France.

L’influente figure de la diaspora Otsama Elvis pointe ouvertement Paris du doigt. « Il n’y a aucun hasard. La France arme, finance et soutient les terroristes ambazoniens pour déstabiliser le Cameroun » accuse-t-il sans détour. Un ressenti largement partagé sur les réseaux sociaux camerounais, où le mot « génocide » revient fréquemment.

Une défiance alimentée par le double jeu français

Comment expliquer un tel climat de suspicion, proche de l’hystérie collective, à l’encontre de l’ancien colonisateur ? Au-delà des traumatismes historiques, de nombreux observateurs soulignent le double discours éculé de Paris.

Officiellement, la France se pose en alliée loyale dans la guerre contre les séparatistes, fournissant armes et renseignements à Yaoundé. Mais en coulisses, les services secrets français entretiendraient des liens étroits avec les leaders du mouvement indépendantiste, leur offrant asiles et soutiens divers.

Cette ambiguïté coupable ne date pas d’hier. Déjà en 2020, le journaliste Charles Konga révélait l’existence d’un camp d’entraînement en France pour les combattants ambazoniens. Idem du côté des réfugiés anglophones, dont certains éléments radicalisés bénéficieraient de la mansuétude des autorités françaises et de ONG complaisantes.

Bref, difficile pour le pouvoir camerounais de croire en la bonne foi de l’Elysée quand celui-ci joue régulièrement double jeu. Alors que le sang continue de couler, une clarification s’impose de part et d’autre pour éviter le pire…

Par Laurent Diby pour 237online.com

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