Economie

Cameroun: La construction de l’agropole de production de viande bovine de Meiganga interrompue

Les travaux de construction des infrastructures d’élevage d’une valeur de près de 4 milliards FCfa, sont en arrêt depuis début 2018.

Le Programme Agropoles qui a démarré ses activités en 2013 se targuait d’être parmi les rares projets orientés vers la production des biens et services, à envergure nationale, jusqu’ici à financement 100% Budget d’Investissement Public.

Mais plus de deux ans, les 74 bénéficiaires de l’agropole de production de viande bovine de Meiganga ne voient rien de concret. Pis, les travaux de construction des infrastructures d’élevage pour cet agropole sont en arrêt depuis 2018. «Berni Construction est sur le terrain en train de travailler timidement. Ils ont décidé de finir les travaux même s’ils vont perdre de l’argent. Et c’est quand même l’entreprise de Nana Bouba qui est en même temps un patriarche du Mbéré. Nous, les éleveurs, attendons beaucoup de ce projet. S’il tombe, ce serait très mauvais. Nous appelons le gouvernement à l’aide. C’est un projet du Planut qui est arrivé à échéance mais on s’active à la reconduire», explique un bénéficiaire du projet et leader des éleveurs dans le département du Mbéré, région de l’Adamaoua.

C’est que, d’après le rapport circonstanciel de la mission de contrôle relatif à ces travaux de construction des infrastructures d’élevage publié en 2019, l’avancement par lot et par site est loin d’être des plus élogieux. De ce fait, l’Etablissement Adis en charge du lot 1 connait un avancement global des travaux de 25,02%, pour une consommation délai de 282, 08% ; le marché d’un montant de 199 110 816 FCfa a connu un décompte N°1 d’avance de démarrage de 20% soit 39 822 163 FCfa et un décompte N°2 des travaux de 24,88% équivalant à 48 622 014 FCfa. Le lot 2 dont Socotraco Sarl a la charge pour un montant de 198 098 306 FcFA, connait un avancement global des travaux de 4,21%, pour une consommation délai de 276,25% et un décompte N°1 d’avance de démarrage de 20%, soit 33 224 035 FCfa. Le lot 3 de Berni SA d’un montant de 197 942 780 FCfa connait un avancement global des travaux de 39,86%, pour une consommation délai de 264, 58% ; l’entreprise a reçu un décompte N°1 d’avance de démarrage de 20%, soit 33 197 951 FCfa et un décompte N°2 des travaux de 24, 60%, soit 47 799 779 FCfa. Le lot 4 de Socotraco Sarl, d’un montant de 141 203 082 FCfa, connait un avancement global des travaux de 3,73%, pour une consommation délai de 276, 25% et un décompte N°1 d’avance de démarrage de 20%, soit 23 681 859 FCfa. Enfin, le lot 5 dont le groupe Pani Cameroun a la charge, d’un montant de 160 548 628 FCfa, connait un avancement global des travaux de 20,77%, pour une consommation délai de 285% ; un décompte N°1 d’avance de démarrage de 20%, soit 32 109 726 FCfa.

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18,69% des travaux réalisés

Toutes ces entreprises avaient pourtant, chacune, un délai de huit mois pour l’exécution des travaux à leurs charges. De manière spécifique, l’Etablissement Adis a reçu son ordre de service de démarrage des travaux le 20 mars 2017 pour une fin contractuelle le 19 janvier 2018. Socotraco Sarl en charge des lots 2 et 4 et non moins dernière dans l’exécution, a reçu ses ordres de service de démarrage le 03 avril 2017 pour des fins contractuelles les 02 et 03 février 2018. Berni SA a démarré le 08 mai 2017 pour une fin des travaux prévue le 9 mars 2019. Le Groupe Pani Cameroun a débuté le 13 mars 2017 et était censé finir le 13 janvier 2018. Mais du constat fait par le rapport circonstanciel de la mission de contrôle en mars 2019, l’avancement global du projet est de 18,69%.

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Pourtant, le projet aurait dû être, à ce jour, une grande fierté pour les éleveurs du Mbéré. De fait, d’un montant de 3 992 106 864 FCfa, l’agropole de production de la viande bovine de Meiganga doit se construire grâce à une contribution de l’Etat à hauteur de 1 502 016 360 FCfa et un apport de l’agropole fixé à 2 490 090 500 FCfa.

Les infrastructures d’élevage que construit l’Etat s’élèvent ainsi à 895 068 372 FCfa ; il s’agit de 27 magasins de stockage d’aliment pour bétail de 30 m, de 47 étables d’embouche d’une capacité de 25 têtes, de 47 magasins de stockage d’aliment pour bétail de 15 m2. En plus, l’Etat doit fournir de intrants d’une valeur de 313 038 000 FCfa ; des équipements d’une valeur de 56 686 767 FCfa ; des appuis d’une valeur de 502 256 364 FCfa, entre autres.

Les 74 bénéficiaires du projet agropole, eux, sont mobilisés. Chacun devait sur la table 25 têtes de bœufs, en plus de créer 505 hectares de champs fourragers clôturés au fil barbelé, aménager des puits ou forages et une fosse à purins, construire un hangar et une case pour le berger, etc. Depuis, ces éleveurs, déboussolés, attendent que l’Etat prenne ses responsabilités et tienne ses promesses.

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