Politique

Cameroun : La célébration de l’An 37 du Rdpc piégée par la grogne sociale

C’est dans un contexte où la grogne sociale monte de toutes parts que le parti présidentiel va célébrer sa création le 24 mars 1984 à Bamenda.

Le Rdpc, le parti au pouvoir ou proche du pouvoir- c’est selon- est en fête ce 24 mars 2022. Sur l’étendue du territoire, et Coronavirus oblige, les militants vont certainement mettre la pédale douce car les temps sont difficiles, et même très difficiles. Le mouvement « On a trop supporté, (Ots) », porté depuis le 21 février par les enseignants grévistes, est en train de créer un gros trou d’air dans son sillage où d’autres corps sociaux professionnels, séduits par la démarche, s’engouffrent allègrement. Cette situation de toute évidence met les nerfs du gouvernement à fleur de peau. C’est peu de le dire car au moment où il espérait que les grévistes, en passant à la caisse percevoir leur salaire cette fin de mois de mars comme prévu, comprendraient la sincérité des pouvoirs publics et rentreraient dans les classes, voici que des nouveaux acteurs entrent dans la danse. Le bilan du pouvoir, qu’importe ce qu’il est, est en train d’être capté par la grogne sociale en cours.

Le Cameroun ressemble aujourd’hui à l’Egypte des temps bibliques où les temps d’abondance sont vite oubliés par les t emps de misère, où le s va ch es grasses sont dévorées par les vaches maigres. Paul Biya, en pharaon, a-t-il la grâce de Dieu pour trouver un Joseph, qu’il soit en prison ou pas, qui pourrait trouver la solution à cette chaîne de grèves sans fin ? Ce 23 mars, ce sont les transporteurs qui pointent le nez à Yaoundé, le collectif des greffiers du Cameroun, et bien d’autres encore sont sur le pied de grève. C’est là une capture qui indique combien le Rdpc et ses stratèges seront au cœur de toutes les stratégies pour mettre définitivement un terme à cette tension sociale généralisée à défaut de trouver des camarades ayant la sagesse, l’intelligence et la clairvoyance de Joseph.

Paul Biya pourrait-il passer la main ?

L’autre défi qui interpelle visiblement le Rdpc est la poursuite du renouvellement de ses leaders commencée dans les instances inférieures. On pense de ce fait, aux militants du parti et Dieu sait qu’ils sont nombreux, qui frappent à la porte du Comité central ou du Bureau politique, au remplacement de ceux et celles qui ont été arrachés à la vie. Au cours des festivités, il va sans dire que l’idée ou la date de l’organisation d’un congrès ordinaire du parti trottera dans les esprits, surtout que le dernier s’est tenu il y a une dizaine d’années. Paul Biya pourrait-il passer la main ? Question dénuée de sens que le père fondateur de ce parti est l’alpha et l’oméga, le point de convergence de tous les consensus, le socle et le pilier central de cette famille politique.

Oser s’interroger d’une telle éventualité est déjà en soi une sorte de défiance vis-à-vis du parti, car tous regardent et écoutent en toute discipline le « N’nom Ngui » qui est par-dessus tout, très taiseux sur ses intentions politiques. Les camarades autour de lui, même s’ils rongent leurs freins, sont réduits à ravaler leurs ambitions, attendant sagement celui qui bat et distribue les cartes politiques, celui qui rétribue tous, en fonction des engagements des uns et des autres. Paul Biya le sait, et tient le stylo, le cachet à côté de l’horloge dont il est le seul maître, pour porter au pinacle ou descendre aux enfers, les uns et les autres par les soins de son pouvoir discrétionnaire. De toute évidence, de cette fête, rien n’est attendu, si oui une mobilisation à la base, où la commémoration aura vraiment du sens.

Léopold DASSI NDJIDJOU / 237online.com

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