Société

Cameroun – Kékem : Le nouveau chef Maya a 13 ans

Il a été arrêté au cours des obsèques de son père le week-end dernier.

Le jeune Elwin Raphaël Nsanguen Fondong, né le 10 mai 2006 (13 ans) à Kekem, jusque-là élève en classe de 5ème à Douala, est le nouveau chef
Maya. C’est dans la pure tradition de ce canton Mbo que le novice a été attrapé le samedi, 16 mars 2019, pour être soumis aux rites qui feront de lui
le chef de ce groupement cosmopolite (chefferie supérieure de deuxième degré) de plus de 17.000 âmes dans le sud du Haut Nkam, qui partage ses
coutumes avec les peuples du Moungo. Il remplace ainsi son père, décédé en janvier 2019, au cours d’une cérémonie où les prises de vue ont été
interdites par les autorités nobiliaires qui procédaient aux rites.

Ingénieur de formation et ancien cadre à la Cdc, Janvier Fondong Maya a gouverné pendant sa période d’exil professionnel par l’intermédiaire d’un
représentant, André Ekoumam, tombé en disgrâce après une session d’expiation organisée dans le groupement en 2011. En effet, pour purifier le village, le chef Mbo avait recouru à deux rites Bamileké, le « cadi » et le « tchetchak » . Manque de pot, son représentant pendant deux décennies
auprès de l’administration et des populations fut attrapé et humilié comme étant l’un des plus grands sorciers du coin. Fondong Maya ne cachait pas
ses récriminations contre les « allogènes » qui étaient venus installer l’opposition chez lui. Au point d’en faire la dernière poche de résistance du Sdf dans le Haut Nkam, avec des scores impressionnants lors des scrutins.

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Diminué par le temps, il aura travaillé ces dernières années à réveiller un groupement qui se meurt. Ses démarches magico-religieuses pour relancer
économiquement une ville autrefois dynamique mais aujourd’hui paralysée par l’ouverture de la route Melong – Dschang et la déportation des vendeurs au lieudit ‘’La Forêt’’, à Melong II, sont connues. Il pensait qu’il fallait allier tradition et modernité, pour le bien-être des populations. Dans un entretien qu’il nous a accordé dans ce sillage, il expliquait : « Vous savez par exemple qu’il y a des gens qui se transforment en animaux pour détruire les champs de ceux qui ont travaillé. Avant, il y avait beaucoup d’éléphants ici. Nous les avons fait disparaître.

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Mais certains méchants utilisent les leurs à des fins maléfiques. Dans les années 1954 – 1955, mon père, qui avait une quarantaine de femmes, avait
très peu d’enfants. Il a fait venir le « tchetchak ». Même les Haoussa se sont mêlés de l’affaire. Aussitôt après, beaucoup ont accouché. Par la suite,
de nombreuses femmes du village sont mortes, ce sont elles qui leur faisaient des « couches de nuit ». Il a réédité l’expérience en 1970. A mon
arrivée au trône, en 1990, c’était très dur. J’ai moi-même organisé une autre séance en 1992. J’avais constaté que les fils du coin s’installaient
difficilement à Kékem. Depuis quelque temps, je reçois les plaintes des populations. Avec les chefs des différentes communautés qui résident à
Kékem, j’ai donc décidé de pacifier le coin » .

Source
Franklin Kamtche
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