Société

Cameroun – Justice : La femme de Bibou Nissack dénonce l’arbitraire

Dans un manifeste, l’épouse du porte-parole de Maurice Kamto évoque la décision inique prise par le Tribunal militaire. Elle a lancé le mouvement ‘’Free Bibou Nissack Movement’’.

Olivier Bibou Nissack a écopé d’une peine de 7 ans d’emprisonnement ferme le 27 décembre 2021. La sentence prononcée par le Tribunal militaire est tombée après plus d’un an de détention du porte-parole du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). « Silencieuse » depuis l’arrestation de son mari en septembre 2020, l’épouse du juriste monte au créneau pour dénoncer cette décision judiciaire qu’elle qualifie d’illégale et d’abusive.

Elle a lancé le 17 janvier dernier une campagne dénommée ‘’Free Bibou Nissack Movement ». Elle relève qu’il n’est l’auteur d’aucun crime, ni d’aucun délit ou contravention ; qu’il serait plutôt victime de la vengeance et de la rivalité politiques. « Il est de toutes les façons particulièrement grotesque, totalement illégal, injuste et arbitraire, de faire condamner quelqu’un à 7 ans d’emprisonnement ferme sur le motif qu’il a exprimé ses opinions et voulu user de ses droits et libertés tels que garantis par la Constitution camerounaise, en vue de masquer grossièrement un règlement de compte politique », écrit-elle.

Pour Madame Bibou Nissack, cette initiative a pour but de faire entendre raison aux esprits et aux consciences des uns et des autres sur la consécration des dérives arbitraires d’une justice camerounaise qui dysfonctionne en créant des iniquités. « Mon mari ayant résisté à toutes les pressions imaginables pour quitter son bord politique et lâcher son leader ; mon mari ayant refusé les offres financières, matérielles et promotionnelles ou professionnelles les plus alléchantes proposées en vue de motiver cette trahison absolument inimaginable pour lui, il était clair dans l’esprit de mon mari que la seule option encore entre les mains de ceux qui tentaient en vain de le retourner était son arrestation voire son emprisonnement », fait-elle savoir.

Les péripéties se situant entre l’arrestation et la condamnation du porte-parole de Maurice Kamto sont abondamment rapportées dans le manifeste. Elle lève l’équivoque sur son arrestation le 22 septembre 2020. « Je ne me doutais pas qu’il inspirait à ces personnes, en outre des adversaires politiques, une telle terreur ! Au point pour ceux-ci, de mettre sur pieds une véritable armada en vue de procéder à son enlèvement illégal à domicile ». Elle décrit le calvaire et la brièveté des visites malgré son état de femme enceinte. C’est pour cela, indique-t-elle : « que les uns et les autres sachent quelle illégale machine à broyer, dénuée d’humanisme et d’humanité opère en toute impunité au Cameroun, et ceci au cœur même d’institutions pourtant chargées de sauvegarder la loi et l’ordre ».

La campagne ‘’Free Bibou Nissack Movement/Mouvement Libérez Bibou Nissack’’ qui est une initiative personnelle privée, voire familiale, se veut une dénonciation de l’injustice commise à l’endroit de Bibou Nissack. Elle s’étend à toute autre personne détenue dans des circonstances similaires, pour tous ceux éloignés de leurs familles pour leur engagement politique, pour avoir exprimé leurs opinions jugées dissidentes. Elle précise : « Cette initiative n’a pas vocation à entrer en concurrence avec les initiatives antérieurement existantes. Elle est complémentaire et vise à élargir au plan social le formidable travail partisan déjà entrepris par d’autres de façon générale ». Elle appelle à la formation d’une communauté qui s’encourage et déterminée durant la durée de cette épreuve.

Cécile Ambatinda / 237online.com

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