Cameroun: Joseph Olinga Ndoa poursuivi pour « Outrage à fonctionnaire » - 237online.com
Société

Cameroun: Joseph Olinga Ndoa poursuivi pour « Outrage à fonctionnaire »

Il est reproché au chef d’agence du quotidien Le Messager à Bafoussam d’avoir osé questionner les injonctions d’un adjoint préfectoral.

Le 13 décembre prochain, Joseph Olinga Ndoa, le chef d’agence du quotidien privé Le Messager pour les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, comparaîtra par devant le tribunal de première instance de Bafoussam, pour y être jugé du motif de « rébellion ». C’est en effet la nouvelle qualification donnée à son affaire au cours de la première audience, le 8 novembre dernier. Brutalement interpellé dans la nuit du samedi 3 novembre 2018, par des éléments de la gendarmerie en civil, alors qu’il séjournait avec plusieurs connaissances au lieudit Akwa, contre la volonté des autorités administratives locales, il avait été conduit vers une destination que ses confrères découvriront après de longues recherches le lendemain, comme étant la brigade de recherches de Bafoussam 1. Selon le journaliste, il était en situation de reportage, suite à la réception numérique d’un communiqué-radio du sous-préfet de Bafoussam 1er, qui sommait les tenanciers des débits de boisson de fermer à 21h. Veille d’une marche programmée dans la ville de Bafoussam par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), le parti de Maurice Kamto qui conteste le résultat de l’élection présidentielle.

Il sera enfermé, « sur consignes », en compagnie de brigands, avant d’être déféré au parquet le lundi, « après le retour au calme de la ville ». Il sera élargi à la tombée de la nuit pour comparaître libre, trois jours après. A l’audience, le journaliste et son avocat, Me André Marie Tassa à qui s’est associé Me Emmanuel Simh, se rendront compte que le motif préalable d’« outrage à fonctionnaire et rébellion simple » est passé à « rébellion ». L’affaire sera renvoyée. Pour défaut de plainte et de témoins de l’accusation. Entre-temps, sur conseil des membres de la section locale du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), J. O. N. s’est rendu à l’hôpital où le médecin lui a délivré un certificat médical avec une incapacité temporaire de travail de trois jours, pour des problèmes de vue, en attendant une expertise approfondie.

Né le 1er mai 1979, le chef d’agence du Messager pour l’Ouest et le Nord-Ouest depuis fin 2014, a commencé à exercer le journalisme il y a 15 ans. Lorsqu’il obtient un baccalauréat littéraire au lycée bilingue de Yaoundé en 1999, peu de ses camarades se souviennent de son récent séjour au lycée technique de Nkolbisson, où il faisait la chimie industrielle. Pour matérialiser sa passion pour le journalisme dont il suit les frémissements dès son bas âge à travers des icônes comme Célestin Lingo ou Jean Atangana, il s’inscrit dans un programme de cours par alternance, à l’Université Laval au Québec, à partir de l’an 2000. Programme qu’il n’achèvera véritablement qu’en 2010. Entre-temps, il se lance dans la vie active. En 2004, il intègre la rédaction de Magic Fm. Ce sera ensuite Sweet Fm, avant la presse écrite. Il pose ses valises à Trinité, le premier quotidien privé camerounais en quadrichromie, avant de rejoindre Bebela, où il sera le principal collaborateur d’Henriette Ekwe. Il intègre la rédaction du Messager en 2010 et sera nommé en charge de l’agence de Bafoussam il y a bientôt quatre ans. « J’ai toujours partagé la posture idéologique de Pius Njawe », confie-t-il. Syndicaliste dans l’âme, il se met à l’avant-poste des revendications corporatistes. Et sa grande culture lui permet d’embrasser de nombreux sujets, sur lesquels il est régulièrement sollicité sur les plateaux de télévision.

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