Société

Cameroun – Incivisme : Le désordre urbain a la peau dure

Depuis la suspension de la police municipale par le préfet du Mfoundi, le 13 février 2019, l’anarchie s’est intensifiée dans la ville de Yaoundé.

Plus besoin de lire dans une boule de cristal ni de connaître de stratégie roulette pour se rendre compte des répercutions de l’absence de la police municipale dans la ville de Yaoundé.
Cette structure tant décriée par les populations de la capitale politique a été suspendue le 13 février 2019, pour une période de 30 jours. C’était par arrêté signé par Jean Claude Tsila, préfet du Mfoundi. Une décision salutaire qui découle des tensions répétitives entre commerçants, conducteurs de motos et la police municipale.

Notamment un affrontement entre les éléments de la Communauté urbaine et des usagers au quartier Elig-Edzoa, à Yaoundé. C’est le décès d’un conducteur de moto suite à un accrochage avec ces éléments, le 13 février dernier, qui a mis le feu aux poudres. Plusieurs dizaines, voire des centaines de moto-taximen, en solidarité à leur collègue molesté par les colosses de la communauté urbaine ont, en représailles, incendié un véhicule des agents municipaux. La somme des abus induit le décret de la suspension des activités de la police municipale plus connu sous le nom « Awara ». 4 semaines après la trêve, la ville a changé de visage. Incivisme routier, insalubrité et l’anarchie dans les marchés sont les principaux maux observés. Trottoirs engorgés, espaces de circulation à l’intérieur du marché occupés anarchiquement et les principales voies de circulation sont occupés par des vendeurs à la sauvette. Des clichés que renvoient le marché central, ou ceux de Mokolo et de Mvog-Atangana Mballa ne sont pas épargnés. Le centre commercial d’Elig-Edzoa dont une partie a été consumée le 4 mars 2019 par un incendie découlant de l’occupation anarchique des espaces présente un visage tout aussi hideux.
Sur les voies de circulation, c’est l’incivisme routier. Les zones jadis interdites aux motos taxi sont désormais envahies par ces engins à deux roues. Plus personnes ne respecte les feux de signalisation routière. Et ceci sous le regard des forces de maintien l’ordre publique. Les accidents avec pertes en vies humaines sont les principales conséquences de cette forme de désordre urbain.

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L’article 88 de la loi N°2004/017 du 22 juillet 2004 stipule que «les attributions confiées au maire en cas de danger grave ou imminent visées à l’article 87 ne font pas obstacle au pouvoir du représentant de l’Etat, dans la circonscription administrative où se trouve la commune, de prendre toutes mesures de sûreté exigées par les circonstances». Un article qui confère aux autorités administratives le pouvoir de sanctionner la police municipale en cas d’abus. A l’observation, aucune mesure palliative n’a été prise pour assurer l’assainissement urbain. Bien que les méthodes adoptées par cette police ne fassent pas l’unanimité. Le 15 mars 2019, la suspension pourrait être levée. Les interrogations se posent autour de la composition
et surtout des nouvelles missions de cette police municipale tant décriée.

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