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Cameroun – Hausse des prix des hydrocarbures: Pluie de préavis de grève au gouvernement

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Alors qu’il tentait de désamorcer la grève annoncée le 07 juillet 2014 par les syndicats du secteur des transports, le gouvernement s’est retrouvé avec un autre préavis sous la main et entend tenir une autre réunion lundi prochain, en vue de l’étouffer également.[pagebreak] L’essentiel de regroupement socioprofessionnel maintient la grève pour lundi.
Des 12 confédérations syndicales que compte la famille syndicale camerounaise à nous jours, une seule, a finalement assisté à la réunion de concertation organisée hier jeudi 03 juillet 2014 par le ministre des Transports, Robert Nkili. Cette réunion relative à la hausse des prix des hydrocarbures récente au Cameroun, a eu pour but, selon le gouvernement, de permettre à chaque ministre selon son secteur, de rassurer les populations et pour certains syndicalistes de voir dans quelle mesure asphyxier la grève annoncée dans le secteur du transport terrestre, dès lundi 07 juillet 2014.

C’est d’ailleurs le sujet qui fâche. La majorité des syndicats conviée, ont parlé de dilatoire : « cette réunion de concertation est plus pour nous une mise en scène théâtrale, qu’un lieu de discussions sérieuses», argue Jean-Marc Bikoko, président de la Centrale syndicale du secteur public (Csp). C’est que, à en croire leurs explications, ils croyaient « que chacun était convié au niveau de son groupe. Mais, curieusement, on s’est retrouvé dans une salle de spectacle où on a retrouvé le gouvernement, le délégué général à la Sûreté nationale, le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, les représentants des ministres de la Communication et des Finances, bref c’était un mélange qui ne nous a pas inspiré confiance. Au terme des propos liminaires des uns et des autres, nous avons trouvé qu’en fait, la réunion concernait les syndicats du secteur des transporteurs, et que notre place n’y était pas, compte-tenu des implications diverses et diversifiées de la hausse des prix ».

Séparation en queue de poisson
Raison pour laquelle, indique-t-il, « nous avons pensé que les concertations nécessitaient un cadre un peu plus sérieux, car pour la première fois, les 12 confédérations syndicales qui existent au Cameroun, ont décidé, dorénavant, de travailler ensemble. On a donc sorti un communiqué, un préavis de grève adressé au chef de l’Etat, et on a décidé de claquer la porte des concertations, en leur précisant bien que, si jamais ils veulent rencontrer les confédérations, qu’ils convoquent une autre réunion». Voilà donc comment s’est terminé cette réunion de concertation.

Cependant, une seule confédération est restée, avec plusieurs autres syndicats sectoriels. Il s’agit notamment de la Confédération générale des syndicats de transports du Cameroun (Cgstc), dont le président n’est autre que Pierre Nyemeck. Cette confédération, qui annonçait pourtant une grève généralisée et illimitée des transporteurs à partir du lundi 07 juillet prochain. Mais, personne ne saura finalement ce qui y a été adopté comme conclusion. Nos tentatives pour joindre le président du Cgstc au téléphone se sont avérées vaines. Cependant, un président de syndicat du secteur de transport associé à ladite grève, laisse entendre qu’aucune décision n’a été prise au final. Car, dit-il, ils ont été « embrouillés par certaines organisations patronales qui étaient d’ailleurs favorables à cette augmentation des prix des hydrocarbures ». Mais quid de la question fondamentale ? La grève est-elle maintenue ou pas ? Personne ne peut le dire, tous se refusent d’y répondre.

Grève imminente
« C’est chaque fois pareil, les enveloppes ont encore une fois de plus circulé ! Comment peut-on avancer dans ce pays dans ces conditions », se plaint un usager au sortir de cette réunion de concertation. Pourtant, ne se sentant pas concernées par ladite concertation car elle s’est muée en une réunion qui traitait des problèmes des transporteurs et non plus des problèmes des populations qui ne se limitent pas qu’aux transports, les 11 confédérations syndicales ont « claqué la porte en laissant à l’adresse du président de la République, un préavis de grève pour le 10 juillet 2014 ». Face à cette attitude, ils ont été rappelés par le ministre du Travail et de la sécurité sociale (Mintss) Grégoire Owona, qui les conviaient individuellement à une autre réunion dans ses bureaux lundi à 14h.

C’est au sortir de cette autre réunion, apprend-on, « si les exigences à savoir : rapporter sans délai le communiqué gouvernemental sur les augmentations des prix ci-dessus évoqués et mettre en place un cadre de négociation avec les confédérations syndicales des travailleurs signataires ne sont pas respectés, la grève pour le 10 juillet 2014 sera maintenue».

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