La grève illimitée décrétée à la Faculté des Lettres de l’Université de Douala paralyse l’établissement dès le 11 juin 2025. Le Syndicat national des enseignants du supérieur dénonce des arriérés financiers accumulés depuis 2021, provoquant une crise sans précédent dans l’enseignement supérieur camerounais. Cette mobilisation explosive révèle l’ampleur des dysfonctionnements financiers qui gangrènent le système universitaire national et menace la continuité pédagogique de milliers d’étudiants.
Des revendications financières qui explosent depuis 2021
La grève Université Douala trouve ses racines dans une accumulation de dettes criantes envers le corps enseignant. Les syndicalistes réclament le paiement de la 2e tranche de la prime interne pour l’année académique 2023-2024, ainsi que la première tranche pour 2024-2025.
L’ampleur des arriérés sidère par sa durée. Les enseignants attendent toujours «l’apurement des arriérés pour le compte des filières professionnelles ainsi que des prestations dues aux enseignants pour les années académiques 2021-2022, 2022-2023 et 2023-2024», précise le communiqué syndical.
Cette situation financière catastrophique s’étend également aux prestations spécialisées. Les responsables dénoncent «le non-paiement des prestations relatives aux jurys de master, aux heures complémentaires, aux missions, aux examens et aux cours pour le compte des filières professionnelles».
La réunion syndicale du 30 mai 2025 a cristallisé ces frustrations accumulées, débouchant sur ce mot d’ordre de grève illimitée qui menace la stabilité académique de l’établissement.
Un climat social explosif dans l’éducation Camerounaise
Cette grève à l’Université Douala s’inscrit dans un contexte social tendu qui secoue tout le secteur éducatif camerounais. La mobilisation universitaire amplifie une crise systémique touchant l’ensemble de l’enseignement national.
Les enseignants du secondaire, du primaire et de la maternelle ont simultanément «annoncé leur intention de boycotter les examens officiels en raison de plusieurs revendications financières», créant un front commun inédit dans l’éducation camerounaise.
Cette convergence révèle des problématiques structurelles profondes affectant l’ensemble du système éducatif. Les revendications portent non seulement sur les aspects financiers mais aussi sur «leurs conditions de travail et à l’amélioration du système éducatif national».
L’impact sur la continuité pédagogique inquiète particulièrement les familles camerounaises. Les perturbations annoncées dès le 11 juin 2025 risquent de compromettre la fin d’année académique pour des milliers d’étudiants de la Faculté des Lettres.
Le syndicat maintient néanmoins une ouverture au dialogue, donnant «du temps au Doyen d’engager le dialogue auquel ils ont manifesté leur ouverture». Cette possibilité de négociation représente l’ultime espoir d’éviter la paralysie totale de l’établissement.
La suspension récente d’un chef de département à l’Université de Douala illustre par ailleurs les tensions administratives qui aggravent le climat social déjà dégradé dans cet établissement phare de l’enseignement supérieur camerounais.
Cette crise révèle l’urgence d’une réforme profonde du financement universitaire pour préserver l’avenir de l’enseignement supérieur au Cameroun.
Cette grève historique marquera-t-elle un tournant décisif pour l’université camerounaise ?





